Messe télévisée de la Poya d’Estavannens

 

Abbé Henri Murith, aumônier des armaillis, le 14 mai 2000, à Estavannens, FR

Lectures bibliques :
1 Jn 3, 1-2; Jn 10, 11-18

(Homélie prononcée en patois)
Monseigneur, et vous tous les amis des vieilles coutumes de chez nous, vous tous, gens de la ville et gens de la terre.

Vous êtes venus ce matin de tous les coins du pays, ici près de la chapelle du Dà à Estavannens, pour fêter avec les armaillis le grand moment de la Poya, cette montée du troupeau des prairies du « bas » vers la pâturages de là-haut, où gens et bêtes vont passer l’été.

Ce n’est pas seulement pour continuer une belle coutume que vous êtes montés jusqu’ici. C’est plutôt pour retrouver les racines d’où nous sommes sortis, des racines qui donnent encore cette sève qui nous fait vivre aujourd’hui.

Ces racines qui tirent leur sève du cœur de nos anciens qui ont été nourris de la parole de Dieu et du pain de vie.

Ces hommes, ces mamans, qui ont trimé, le plus souvent dans la pauvreté, qui se sont aimés et qui ont aimé leur Dieu, qui n’ont pas recherché les glorioles d’ici bas, mais qui ont marché dans le respect de la nature et au Maître de la vie : ce sont eux qui ont bâti ce pays où il fait bon vivre, avec ses croix le long du chemin, ses chapelles et ses églises, signes de la foi et de l’espérance qui habitaient leur cœur.

Ces braves gens écoutaient le bon Berger de l’évangile et savaient se laisser conduire avec confiance sur les chemins qui montent vers la maison du Père. Ces chemins ne sont jamais faciles, mais en se laissant guider par le Berger, on vient à bout de toutes les difficultés. Au contraire, on en fait un moyen pour rendre plus forte notre fidélité. Cela est encore vrai aujourd’hui plus que jamais.

Il semble parfois que tout est changé. Les coutumes que l’on croyait sûres pour toujours sont oubliées ou changées, remplacées par des modes.

On se demande où tout cela nous conduit. Beaucoup quittent le troupeau pour se laisser glisser dans la facilité, en croyant que l’argent leur apportera le bonheur. Et pourtant Dieu est toujours sur le chemin, pour nous soutenir et parler à notre cœur. Il faut prendre le temps de l’écouter quand dans la prière il nous parle, quand il nous montre le chemin par la bouche de notre Pape Jean Paul II ou de nos évêques qui continuent de conduire le troupeau au nom du seul Bon Berger, Jésus-Christ. C’est Lui qui nous envoie son Esprit saint qui nous souffle à l’oreille ce qu’il faut penser, ce qu’il faut faire pour rester dans son amour, pour élever les enfants dans la droiture et pour supporter les épreuves de la vie en regardant vers celui qui a porté sa croix devant nous jusqu’à la résurrection.

En cette journée de la fête des mères, je souhaite à toutes les mamans de trouver au fond de leur cœur tout l’amour qu’il faut pour transmettre à leurs enfants la lumière et le courage pour vivre dans la joie et l’espérance en ce monde si difficile à vivre.

Nous remercions les mamans d’autrefois et celles d’aujourd’hui, (sans oublier leurs hommes) pour tout le bien qu’elles ont fait et qu’elles feront encore pour rendre la vie plus belle. Avec elles, nous redirons souvent la belle prière de l’abbé Bovet à Notre Dame des Marches :
Venez nous aider, nous en avons grand besoin, pour faire toujours bien comme il faut, ce qu’il faut.

Et Notre Dame répond :
Faites tout ce que vous dira mon Fils.

Ce que nous dit son Fils ?
Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés
.

Et pour ce temps du Jubilé :
Pardonnez à ceux qui vous ont fait du tort, aimez même vos ennemis.

C’est de cette manière que nous pourrons ressembler un peu plus à notre Père plein de miséricorde.

Mes amis, ce soir quand vous retournerez chez vous, prenez un peu de temps pour repenser à ce que vous avez vécu ce matin, ici près de la chapelle du Dà. Alors, avec un cœur renouvelé, vous reprendrez le chemin jusqu’au Grand Pâturage, où vous attend le Bon Berger avec sa mère, notre mère à tous les saints.

Amen.

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