Messe télévisée du 33ème dimanche ordinaire

 

Père Jean Richoz, à l’église de Cugy, FR, le 18 novembre 2001

Lectures bibliques : 2 Thessaloniciens 3, 7-12; Luc 21, 5-19

« Beaucoup viendront sous mon nom en disant : c’est moi… »(Luc 21/8) Et voici, aujourd’hui Moon, et Rael et tant d’autres gourous.
« Ne marchez pas derrière eux ! » (Luc 21/8)
« Vous entendrez parler de guerres et de soulèvements… » (Luc 21/9) c’est aujourd’hui la guerre en Afghanistan.
« On se dressera nation contre nation… » (Luc 21/10)
Israéliens contre Palestiniens.
« Il y aura de grands tremblements de terre… » par exemple au Pérou, le 23 juin dernier. Et Alger qui compte ses morts après le déferlement de l’eau. « En divers endroits des pestes et des famines… » (Luc 21/11) Aujourd’hui, sida, anthrax…

Frères et sœurs, on dirait que cette page d’Evangile vient d’être écrite ! Actualité de la Parole de Dieu. Elle est vivante, la Parole de Dieu. Devant ces faits tragiques, on reste déconcertés et on rejoint la question du prophète Habacuc :
« Combien de temps, Seigneur, vais-je t’appeler au secours, et tu n’entends pas, crier contre la violence et tu ne délivres pas ! Pourquoi m’obliges-tu à voir l’abomination et restes-tu à regarder notre misère ? Devant moi, pillage et violence; dispute et discorde se déchaînent. »

Oui, pourquoi Dieu, que l’on dit être un Dieu d’amour n’intervient-il pas ? Nous nous faisons une fausse idée de Dieu. On se l’imagine à la manière d’un potentat, qui manipulerait à sa guise les personnes et les événements. Non ! Dieu n’est pas Jupiter. Il est ce Dieu respectueux de la liberté humaine qu’il a créée, jusqu’à courir le risque de tous les dérapages que peut engendrer l’abus de cette liberté. Dieu laisse l’homme à son propre conseil.

Et d’autre part, ce n’est pas parce que nous sommes chrétiens, croyants, et même pratiquant sincèrement notre religion que nous allons échapper aux épreuves de cette existence ; c’est même parfois ou souvent le contraire et la question est déjà sur les lèvres du psalmiste : « Pourquoi le juste est-il accablé et tout semble réussir au méchant ? »

Pas de réponse sur le plan de la sagesse humaine. La seule lumière nous vient de Jésus-Christ : si nous aurons pris part à sa Passion un jour, nous partagerons sa Résurrection. Si tant d’innocents aujourd’hui vivent le Vendredi-Saint, un jour, ils connaîtront le triomphe du matin de Pâques.

Cette certitude de foi fonde du même coup notre espérance. Dès lors, toute notre vie revêt un sens : une Pâque, un passage de la mort à la vie à la suite de Jésus-Christ. A travers les difficultés de cette existence, nous sommes en route vers notre destinée éternelle.
Dans l’espérance du Jour du Seigneur, c’est-à-dire de son Avènement à la fin des temps, nous posons déjà, ici et maintenant, les jalons de son Royaume. A contre-courant de l’indifférence. Avec le courage et la force que donne l’espérance, apportons notre pierre à la construction de l’Eglise et d’un monde nouveau conforme à l’Esprit du Seigneur.

Les saints que nous venons de célébrer le 1er novembre passé, nous précèdent sur cette route de lumière, balisée par les béatitudes que Jésus est le premier a avoir vécues.
Les saints nous invitent à nous armer de la force morale des vertus de foi, d’espérance et de charité. Ils nous invitent à entrer dans le sillage de la sainteté, en prenant appui sur la justice, la prudence, la tempérance, la force.
Nous retrouvons ces vertus, ces qualités dans les admirables vitraux de Fortuné Bovard : un catéchisme en images, les certitudes de la foi.

Réunis récemment en synode à Rome, les évêques, par leurs options positives et courageuses nous indiquent aussi la direction à prendre…
Les Pères synodaux privilégient pour notre époque :
-le souci de l’environnement, la création à respecter, à embellir, à valoriser.
-La sainteté des fidèles à promouvoir. Exaucer l’Esprit-Saint qui poursuit sonœuvre dans le monde et achève toute sanctification.
-Une Eglise présente à toutes les catégories de fidèles mais aussi à tous ceux qui sont en recherche d’espérance.
-Les évêques se définissent comme les serviteurs de la communion : un mot-clef dans notre époque qui grelotte d’individualisme et de solitude. Communion entre nous d’abord, puisée à la source de l’Eucharistie, communion avec l’Eglise universelle, mais en même temps ouverture sur le monde et en priorité sur toute détresse physique ou morale, à l’exemple de Saint Martin le céleste patron de ce sanctuaire et de cette paroisse.

En ouvrant le Concile en 1962, le bon Pape Jean XXIII dénonçait les prophètes de malheur. Il disait son indéfectible Espérance – ce nom chrétien de l’optimisme – en la bonne Providence de Dieu qui conduit mystérieusement l’histoire, faisant écho à saint Paul : « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ».

Amen

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