Messe du 6e dimanche de Pâques

 

Abbé Jean-Jacques Agbo, église de Polliez-Pittet, le 13 mai 2012
Lectures bibliques :
Actes 10, 25-26; 1 Jean 4, 7-10; Jean 15, 9-17 – Année B

Chers amis,

Saint Jean dans sa première lettre (seconde lecture de notre messe), saint Jean nous donne la fameuse définition concernant la nature de Dieu : “Dieu est amour”. Oui, l’amour chez Dieu n’est pas un attribut mais sa nature même, son essence.
(Prenons donc une comparaison simple.) La couleur de la peinture grise métallisée de votre voiture automobile n’est qu’un attribut, on dirait aussi un accessoire. Pour la raison très simple que si votre voiture n’était pas peinte ou bien peinte d’une couleur dégoûtante, elle pourrait quand même marcher. Si par contre, votre voiture était dépourvue de moteur, elle ne mériterait plus le nom de voiture, ne pouvant pas rouler.

L’amour chez Dieu n’est donc pas une qualité accessoire, un détail, un enjoliveur, mais une qualité fondamentale, nécessaire, constitutive, comme le moteur pour une voiture. Dieu n’est pas amour à ses moments perdus, il n’est pas amour dans les coins, il l’est totalement.
Quelqu’un me disait l’autre jour cette parole un peu méchante, mais pas tout à fait fausse: telle personne, quand elle a fait sa B.A. (sortir ses poubelles), elle en a pour 15 jours à se reposer… Ce n’est donc pas le cas de Dieu, il voudrait qu’on marche sur ses traces: écoutons saint Jean : “Dieu est Amour” (A majuscule).

Le même thème est repris par Jean dans l’évangile d’aujourd’hui. Il précise la nécessité d’aimer son prochain afin d’imiter Dieu.
Saint Jean, qui est un grand réaliste, n’oublie pas de faire un lien avec l’obéissance aux commandements, pour que l’amour ne soit pas seulement affectif mais effectif. Autrement dit, l’obéissance aux commandements comme garantie sur l’authenticité de notre amour…

Voici une petite histoire provenant probablement de Jean Paul 1° semble-t-il, partagée avec un confrère mardi dernier :
Un franciscain dans sa prédication commentait allégrement le passage de notre évangile d’aujourd’hui. Il avançait avec véhémence cette affirmation de saint Jean : « Dieu est amour, Il aime tous les hommes de manière particulière… etc… »
Un chrétien dans l’église poussa un profond soupir et interrompit le prédicateur : «  Si Dieu était amour comment se fait-il qu’il y a toutes ces injustices, ces guerres, ces pauvres, ces enfants maltraités, tous ces  innocents qui sans cesse payent pour les coupables… »
Le franciscain, évidemment surpris et ahuri fit signe au monsieur de s’approcher. Celui-ci s’exécuta. Le religieux lui désigna du doigt une petite tache sur le col de sa veste. «  Il y a là une petite tache sur ta veste.  C’est la faute du savon qui malgré toutes ses vertus n’a pas su enlever la tache, ou bien de la ménagère qui n’a pas su bien frotter le col, ou pire encore la veste n’a pas été lavée? »… A qui donc la faute…Pas du tout au savon voyons. Pas à Dieu voyons. Allez-vous comprendre. Dieu est amour malgré tout…

Chers amis, pour conclure notre méditation, reprenons cette parole du grand Paul Valéry, pourtant sceptique et incroyant, il dit :“Le mot Dieu n’a été associé au mot amour que depuis Jésus-Christ”.
Cette parole de l’auteur célèbre du “Cimetière marin” peut aider à réfléchir certains qui mettent facilement toutes les religions sur un même plan. Bref, tous les adeptes du syncrétisme, c’est-à-dire la religion transformée en salade niçoise ou bien en salmigondis  un morceau par-ci, un autre morceau par-là, assaisonnés à la sauce mayonnaise passe-partout et bon-enfant, voila un des défauts du sentiment religieux à notre époque. Nous, restons fidèles, à saint Jean l’évangéliste et surtout à Jésus. Nous, c’est-à-dire, vous toutes et tous qui nous écoutez à travers les ondes, Dieu habite partout où des hommes, des femmes, des enfants ont de l’amour les uns pour les autres. « Dieu est amour ».
Amen.

 

 

 

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