Messe du 2ème dimanche de Carême

 

Abbé Martial Python, à l’église St-Pierre, Yverdon-les-Bains, le 8 mars 2009
Lectures bibliques : Genèse 22, 1-18; Romains 8, 31-34; Marc 9, 2-10  – Année B

                              

Vivre aujourd’hui en témoins du Transfiguré

 

La montagne a toujours fasciné l’homme. Dans l’antiquité déjà, certains peuples pensaient qu’on ne pouvait vivre qu’autour d’elle parce qu’ils la considéraient comme le centre du monde reliant à la fois le ciel et la terre où les dieux venaient à la rencontre de l’homme.

  La montagne, les poètes tel Jean Ferrat par exemple, l’ont chantée : « Pourtant que la montagne est belle… » Oui belle mais qui à la fois fait peur : pensez au roman de Charles Ferdinand Ramuz : « La grande peur dans la montagne. »

Aujourd’hui l’évangile nous présente la montagne comme lieu de rencontre particulier avec Jésus Transfiguré.

Ce matin, nous sommes invités quelque peu à quitter les vallées étroites du quotidien, celles des obligations de la vie et qui parfois nous stressent, pour s’élever vers cette fameuse montagne dite de la Transfiguration ou Thabor.

Et qui a-t-il sur cette montagne ? Une grande lumière qui s’irradie de tout l’être de Jésus : « son visage brillait comme le soleil. » C’est une scène d’un instant certes, mais qui dans la vie de Jésus s’étale sur des années au sens où, plus quelqu’un parvient avec bonheur à la vérité de son être, plus son visage s’en illumine, telle une fenêtre ouverte laissant transparaître son intériorité.

Ah ! que Jésus devait être beau à voir ce sur ce mont, qu’est-ce que cette symbiose visuelle de sa divinité et de son humanité devait être féerique !

Ce qui est réconfortant, c’est que ce matin sur notre chemin il y a Pierre, Jacques et Jean, nos aînés dans la foi. Et la transfiguration les a certainement dynamisés dans leur foi et, aujourd’hui, ils nous la partagent.

Et le cadeau que Dieu leur fait, c’est la confiance en Jésus son Fils : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. » Ils avaient été en effet un peu perturbés quelques jours avant, quand Jésus leur avait dit : « celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et me suive. » Ce pourquoi ils avaient besoin dans leurs doutes de ressentir Jésus comme étant le tout Autre. Certes on peut le dire, ils ont bien de la chance de pouvoir avancer dans la foi grâce à l’expérience de la transfiguration. Mais je crois que nous aussi, nous pouvons entrer dans cette même ouverture, mais selon notre histoire à nous.

Cela peut être la rencontre d’un enfant qui nous mettra comme soudainement en présence de Dieu. Ce sera celle d’un malade visité qui nous conduira spontanément à l’essentiel de notre vie. Car là où il y a la vie, il y a Dieu. Ça peut être aussi une rencontre avec un militant enthousiaste de la justice et de la paix qui provoque comme soudainement un effet sans pareil nous mettant en présence du tout Autre. Et ce matin, je voudrais donner la parole à un enfant qui chante dans la chorale des enfants, il s’appelle Lorenzo.

Alors Lorenzo : « Que représente Jésus pour toi dans ta vie ?

– Pour  moi, Jésus c’est quelqu’un à qui je peux me confier, à n’importe quel moment, n’importe où et pour n’importe quel sujet. Je m’adresse à lui comme je m’adresse à vous.
Quand je me sens seul, je pense encore plus à lui.
Quand je vois des personnes seules ou qui ont réellement besoin d’aide, je les confie à Jésus et je lui demande de me guider dans mes actes pour pouvoir les aider.

Cette même question avait été posée à l’acteur Louis de Funès par le Père Carré de l’Académie française et il lui répondit du tac au tac : « Pour moi, Jésus-Christ est mon heureux compagnon de vie, dans ma vie personnelle, familiale et professionnelle. »

C’est mon vœu de prêtre aujourd’hui qu’il vous soit présent, quelle que soit votre situation de vie, comme dans vos engagements, et que la lumière de son visage transfiguré puisse briller sur le vôtre pour vous donner l’amour et la paix du cœur. Car avec lui, rien n’est impossible.

Amen

 

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