Messe du dimanche des Rameaux

 

Abbé Pascal Desthieux, le 16 mars 2008, à l’église de Massonnens, FR
Lectures bibliques : Isaïe 50, 4-7; Philippiens 2, 6-11;
Matthieu 26, 14-75; 27, 1-66 – Année A

Donner sa vie

Une petite fille avait une maladie très grave, une maladie que son frère, qui avait votre âge, chers premiers communiants, avait eu, lui aussi, mais il en avait réchappé et était parfaitement guéri. Ce n’était hélas pas le cas de sa petite soeur qui était en train de mourir.
Aucun remède ne pouvait la guérir. Le médecin dit au garçon : « Seule une transfusion de ton sang peut sauver la vie de ta soeur. Es-tu prêt à lui donner de ton sang ? »
Le garçon blêmit, ses yeux s’écarquillèrent de peur. Il hésita un instant, puis dit finalement : « Très bien docteur, je vais le faire. »
Une heure après le prélèvement du sang, le garçon demanda, tout hésitant : « Dites, docteur, quand est-ce que je vais mourir ? » C’est seulement à cet instant que le médecin comprit la crainte qu’avait éprouvé le garçon : il avait pensé qu’il devrait donner tout son sang, et qu’il donnerait ainsi sa vie pour sauver celle de sa sœur (Anthony de Mello, Dieu est là, dehors, DDB, Paris, 1990, p. 224).

Le Christ a donné sa vie pour nous

Chers enfants, chers amis,
Jésus a lui aussi éprouvé une certaine crainte à l’approche de sa passion ; il a dit : « Père, si c’est possible, que cette coupe passe loin de moi », mais comme ce petit garçon, il n’a pas hésité à donner sa vie pour nous sauver. Il nous a aimé jusqu’au bout (Matthieu 26, 39). Le récit de la Passion, que nous venons d’entendre, nous l’a redit.

Les Rameaux, porte d’entrée dans la Semaine sainte

  La liturgie de ce dimanche, en nous proposant de lire déjà la passion, nous fait entrer dans la Semaine Sainte. Jésus est acclamé comme un roi. Dans quelques jours, il célèbrera la Pâque avec ses disciples, ce sera son dernier repas; nous le commémorerons ce Jeudi saint. Le lendemain, Vendredi Saint, nous revivrons sa passion et sa mort sur la Croix, en attendant l’annonce sa résurrection dans la nuit de Pâques ; nous la fêterons dans la joie dimanche prochain.

A chaque messe, nous revivons les événements de la Semaine Sainte

Chers enfants, chers amis, chaque messe, et plus spécialement la liturgie de l’eucharistie que nous approfondissons aujourd’hui, nous permet de revivre ces grands événements de la Semaine Sainte. Nous allons voir comment.
Jésus se présente à la ville de Jérusalem, il s’offre, se donne entièrement. De même, nous débuterons la liturgie de l’eucharistie par l’offertoire, l’offrande du pain et du vin. Ces offrandes, nous les apportons : sur la patène et dans la coupe, nous y mettons notre travail, nos soucis, toute notre vie. Car le Seigneur nous invite à nous offrir avec lui.
Comme les foules de Jérusalem qui acclamaient le Messie, nous aussi acclamerons le Seigneur tout au long de la prière eucharistique, et tout spécialement en chantant le Sanctus, où nous reprendrons les mêmes mots que les foules de Jérusalem : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Hosanna au plus haut des cieux ».
Lors du dernier repas, Jésus a pris du pain et du vin, et anticipant le don de sa vie le lendemain, a dit : « Ceci est mon corps livré pour vous, ceci est mon sang versé pour vous. » A la messe, le prêtre redit les paroles du Christ et refait les mêmes gestes qu’il a fait lors du dernier repas. Nous faisons cela en mémoire de lui, comme il nous l’a demandé.
Sur la croix, le Christ a donné son corps et son sang. A chaque messe, nous réactualisons ce don pour nous. J’aime beaucoup ce que disait le cardinal Journet aux enfants du catéchisme : « Mes enfants, quand vous êtes à la messe, si vous fermez les yeux, pensez que vous avez devant vous la même chose que Marie et Jean au pied de la croix ».
Le Christ n’est pas resté sur la croix. Il a été mis au tombeau, et le troisième jour est ressuscité. Ainsi, le corps que nous allons recevoir tout à l’heure, et que vous recevrez pour la première fois dans quelques semaines, chers premiers communiants, ce n’est pas un corps mort, mais un corps vivant, celui du ressuscité. Et même un corps glorifié. Donc, à chaque messe, nous célébrons également la résurrection et l’ascension. Ce corps est déjà un avant goût de la gloire qui nous attend !
Chers enfants, chers amis, heureux sommes-nous de revivre, à chaque messe, le don de Jésus qui opère une véritable greffe en nous donnant son corps, une véritable transfusion en nous offrant son sang pour que nous ayons en nous sa vie, une vie divine, une vie de ressuscité !

 

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