Messe du 5e dimanche du temps ordinaire et dimanche de l’Apostolat des laïcs

Abbé Jean-Robert Allaz, à l’église St-Maurice, Ursy, le 6 février 2011
Lectures bibliques : Isaïe 58, 7-10; 1 Corinthiens 2, 1-5; Matthieu 5, 13-16 – Année C

 

Une fois de plus, Jésus fait confiance à ses disciples en leur donnant d’être «sel de la terre». Surprenant pour nous, logique pour Lui ! C’est logique dans son plan de Salut, où rien n’est fait sans l’apport et la participation de l’homme.
(2 personnes s’approchent de la vasque de sel
et remplissent des sachets.)
Et ce privilège revient à nous ce matin, cadeau précieux et exigeant à la fois.
Du sel, on est en train d’en verser dans des petits sachets, ils vous seront remis à la sortie de l’église, pour emporter avec vous le signe du meilleur que Dieu vous donne.
Dieu n’a-t-Il pas confié sa création à l’homme pour la faire grandir, la travailler, l’embellir, ajouter son empreinte ?
Jésus désire que nous soyons sel de la terre, mais pas n’importe lequel, celui dont la propriété est de donner du goût à la vie et aux êtres. S’il se dénature, il est vite jeté et piétiné. «Que votre oui soit oui, votre non soit non, les tièdes Je les vomirais.» Pas de place pour la médiocrité ! Mais quel est donc ce sel miracle dont nous parle Jésus ?
C’est dans la nature humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu, que cette présence divine est ancrée et veut jaillir d’Amour. Donner du goût à notre monde, de plus en plus désabusé – voire découragé – n’est-ce pas merveilleux ? Mais périlleux aussi, car notre dosage de compréhension et d’action ne se calcule pas au même barème que celui de Dieu. Le sel, je le compare aussi à l’Espérance, qui rend tout possible jusqu’au bout.
(Quelqu’un apporte un sachet de sel au prédicateur.)
Afin que votre existence sente le goût du Seigneur, que cela transparaisse sur votre visage, que le sel de l’Evangile stimule votre vocation de chrétien et marque chacune de vos actions.
L’apostolat des laïcs, c’est la mission confiée à tout baptisé d’annoncer l’Evangile et de donner envie d’en vivre. Le Concile Vatican II l’a fortement rappelé, soulignant la coresponsabilité de tous – prêtres et laïcs –. La vocation baptismale appelle au témoignage et à l’action. Il ne s’agit pas d’une branche à option, la confiance faite par Dieu est sans limite, l’attente du résultat aussi.
Et comme si le sel ne suffisait pas, Jésus prend encore un autre exemple, celui de la lumière. Elle jaillira de ton cœur, à partir de l’accueil au partage du pain et de la vie, des joies et des peines, elle reflètera ta propre vie. Jésus en parle avec son ‘’bon sens’’ habituel. Eclairer, montrer le chemin à l’humanité, celui de l’Espérance, du possible, du réalisable, de la justice.
« Cherchez d’abord les signes du Royaume… et le reste vous sera donné par surcroît » ! L’intensité de la lumière n’est pas mise en doute, même si à cette époque elle venait d’une flamme fragile de lampe à huile !
Nous avons besoin de cette lumière, pour comprendre, – comme le dit l’apôtre Paul aux Corinthiens – que si c’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant qu’il arrive pour proclamer l’Evangile, c’est seul l’Esprit Saint, et non la sagesse des hommes, qui nous permet d’accomplir notre mission.
Deux mille ans après, l’Esprit du Seigneur – celui de la Confirmation, entre autres – nous est toujours indispensable pour mener à bien notre vocation de baptisés et de chrétiens, en commençant dans cette Unité pastorale Saint-Pierre-Les-Roches, avec la richesse de ses diversités. Apôtres du XXIème siècle, ce matin à Ursy, quelle gageure !
Difficile ? Exigeant ? Voire impossible ? Tout seuls certainement, mais rien n’est impossible à Dieu. Elle est belle cette mission, réalisable si nous comprenons qu’elle est fondée sur la foi et l’amour du prochain.
« Ne te dérobe pas à ton semblable… » nous avertit le prophète Isaïe… Pourquoi aller chercher à l’autre bout du monde ce qui nous appelle ici ? La tentation est grande de penser que l’herbe est meilleure dans le pré du voisin.
En Suisse Romande, vous êtes très nombreux, les laïcs, à vivre votre vocation de baptisés, à être à l’écoute de l’Evangile, du Concile Vatican II et des orientations pastorales décidées et données par les divers diocèses. La Communauté Romande de l’Apostolat des Laïcs, rassemble, écoute et partage le vécu d’innombrables mouvements et groupements, présents dans la spiritualité, l’annonce et l’éducation de la foi et la grande diversité de communautés et groupes d’action catholique. Recenser les participants doit être à l’image de compter les étoiles : n’est-ce pas merveilleux ? C’est un maillon indispensable dans la vie de l’Eglise en Suisse Romande. Alors le sel de la terre : nous comprenons mieux à quoi il sert !
Beaucoup de sel, beaucoup de lumière… quand ça vient du Seigneur, alors chacun de nous peut vivre sa vocation d’apôtre, dans la diversité des mouvements, groupements, rencontres au quotidien de nos vies !
Amen

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