Messe du 3e dimanche de l’Avent

Abbé Hugo Gehring, Eglise Sts-Pierre-et-Paul, Winterthur, le 11 décembre 2011
Lectures bibliques : Isaïe, 61, 1-2, 10-11; 1 Thessaloniciens 5, 16-24; Jean 1, 6-8, 19-28 – Année A

 

Nous rêvons tous la nuit – plusieurs fois même. La plupart du temps, on ne se souvient pas de ses rêves. Mais parfois on se réveille avec une image d’un rêve encore très présente. Il y a des rêves terribles où on est content de savoir qu’ils ne sont pas réels et que ce sont des cauchemars. Mais il y a aussi des rêves merveilleux et on est déçu de constater qu’ils ne sont pas vrais quand on se réveille. Dans ces rêves, tout est plus beau que la réalité.
Des fois on rêve aussi les yeux ouverts – et ça c’est un vrai cadeau : ne pas être confronté à ce qui est mais pouvoir se plonger dans un monde de fantaisie.
Un tel rêve en plein jour, c’est ce qu’a eu le prophète Isaie. Il a vu avec ses yeux intérieurs un lieu où existe la paix : où le loup et l’agneau, le veau et le lion, l’enfant et serpent sont ensemble, personne ne fait de mal.
Mais cela, évidemment, ce n’est pas possible. En tout cas pas dans notre monde, seulement dans un monde de rêve.
Je crois cependant que chaque être humain rêve à l’intérieur de lui-même d’un vivre ensemble en paix. Mais malheureusement, nous avons peine à le concrétiser – le mal et l’injustice continuent d’exister encore et toujours, tout comme les disputes et les guerres.
L’histoire du petit loup nous présente aussi une situation de rêve : au final, ils font une belle fête tous ensemble. Pourtant cette histoire commence pas un cauchemar épouvantable. Un des loups est exclu de la meute et ne va plus jamais en faire partie, il se retrouve tout seul, frigorifié et sans aide. C’est hélas ce qui se passe souvent dans notre monde : l’un est exclu, l’autre est repoussé. Même parmi les enfants.
C’est pourquoi, il existe avant la fête de Noël – une fête qui nous permet de rêver de belles choses – c’est le temps de l’avent, qui nous prépare à la fête.
Pour que le rêve de paix à Noël puisse vraiment se réaliser, nous devons nous efforcer de n’exclure personne ou de réintégrer celles et ceux qui ont été mis de côté ; pour qu’ainsi soit banni tout ce qui fait mal.
Les gens dans notre histoire ont d’abord dû découvrir que ce n’était pas juste de rejeter le petit loup. Ensuite, ils ont dû s’efforcer de le retrouver. C’est seulement après cette expérience que la fête fut formidable.
Vous avez chanté au tout début de cette célébration « Nous sommes tous ensemble et toi Dieu tu es avec nous »
C’était beau ! Mais ça l’est plus encore quand nous entreprenons quelque chose pour que nous soyons ensemble tous unis parce que nous n’avons laissé personne en dehors de notre cercle ou alors que nous sommes allés rechercher celui ou celle qui avait été écarté.
C’est tellement bien quand on invite chez soi à Noël des personnes qui, autrement, auraient été seules. La fête prend alors un autre goût. Elle est encore plus réussie et ainsi au moins durant un instant un de nos rêves devient réel : le rêve de la paix.

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