Messe du 29e dimanche ordinaire – dimanche de la Mission universelle

 

Père Emile Mayoraz, le 17 octobre 2004, à Nuvilly, FR
Lectures bibliques : Exode 17, 8-13; 2 Timothée 3, 14 – 4, 2; Luc 16, 1-8

Jésus nous invite à prier toujours, sans nous décourager. La prière fait vraiment partie de notre vie de foi, car nous sommes totalement dépendants du Seigneur. En effet, en Jésus-Christ, l’Amour de Dieu nous est donné.

Jésus-Christ nous aime et il nous fait vivre. L’aimer en retour et l’aimer vraiment en aimant aussi notre prochain, où qu’il soit, telle doit être notre unique ambition. Il n’y a pas de limite, ni de mesure, à notre amour pour le Christ. Les distances ne peuvent l’arrêter et notre coeur ne sera jamais assez grand pour le contenir. St. Augustin nous le dit: « Si tu veux aimer le Christ, étends ta charité par toute la terre, car les membres du Christ sont sur la terre entière » .

Ce dimanche, qui introduit la semaine de la mission universelle, nous invite à ouvrir notre coeur aux dimensions du monde, et plus particulièrement à être sensibilisés aux conditions de vie des plus démunis, des plus délaissés. En effet, pour ce dimanche de la Mission Universelle, nous sommes invités à une écoute solidaire. Nous sommes invités à être joyeux dans la foi qui est la nôtre et solidaires. Car avoir un coeur et un esprit missionnaire, c’est être remplis d’amour pour Jésus- Christ et c’est vouloir que ce même amour du Christ transforme l’humanité entière.

La Mission prend sa source en Dieu lui-même qui est Amour. Dieu n’est qu’Amour. Il est une communauté d’Amour. Il est la source même de tout Amour qui veut se répandre et transformer le monde. Pour parler de l’Amour de Dieu qui veut se répandre et transformer le monde, Saint François de Sales prend justement la comparaison de la source, une source d’eau vive et jaillissante. Pour nous qui connaissons bien nos vallées et nos montagnes, et qui voyons surgir de terre ces sources bienfaisantes, qui s’écoulent en torrents et qui deviendront des fleuves, nous comprenons aisément que l’Amour puisse être comparé à une source d’eau vive. C’est une force qui ne peut rester en terre mais qui doit surgir et s’écouler et imprégner le sol aride et assoiffé et donner vie à tout ce qu’elle rencontre. C’est cela l’Amour.

Dieu lui-même est la source de tout Amour. Il nous envoie son Fils, Jésus-Christ. Jésus est le premier missionnaire, l’envoyé de Dieu. Il parcourt villes et villages. Il prêche la Bonne Nouvelle du salut. Il guérit toute maladie et toute infirmité. Voyant la foule de ceux qui souffrent, victimes des injustices et des cruautés de toutes sortes, il est ému de compassion, parce qu’ils sont abattus et désespérés comme des brebis sans berger.

Jésus, le premier missionnaire, l’envoyé de Dieu, nous montre comment Dieu sait aimer.
Nous tous, frères et soeurs, nous poursuivons la Mission de Jésus lui-même. Par nous, Jésus continue à être présent au monde d’aujourd’hui. Par nous, aujourd’hui, l’Amour de Dieu continue à se répandre, comme une source bienfaisante et régénératrice.

A la suite et à l’exemple de Jésus, il nous appartient aujourd’hui d’apporter réconfort aux désemparés, soulagement à ceux qui souffrent, espoir aux désespérés. Il nous appartient à être vraiment à l’écoute et solidaires.

Missionnaires, nous le sommes tous, aujourd’hui. Il y en a qui le sont d’une manière particulière, parce qu’ils quittent leur pays pour aller servir les populations dans les pays les plus pauvres.

Leur rôle est d’annoncer Jésus-Christ et de bâtir l’Eglise, en Asie, en Afrique, en Océanie, en Amérique Latine. Leur rôle est aussi d’aider des populations entières à sortir de la misère et à acquérir le droit et la dignité d’exister et de vivre. Missionnaires, nous le sommes tous. Vous l’êtes, chacun de vous qui m’écoutez, comme je le suis moi-même, membre d’une Congrégation missionnaire.

C’est précisément cela que ce Dimanche de la Mission universelle voudrait nous rappeler. De par sa nature, l’Eglise est universelle. Elle est missionnaire.

Le chrétien, de par sa qualité de chrétien, est missionnaire: il est envoyé auprès de ses frères et soeurs, afin que le Dieu d’Amour soit connu et aimé. Car notre Dieu, « Ie Dieu du coeur humain » comme l’appelle Saint François de Sales, est le Dieu de tous. Saint François de Sales dit encore qu’il n’y a de véritable humanisation qu’en Jésus-Christ. C’est donc de Jésus-Christ que nous devons vivre. C’est son Evangile qui doit être notre ligne de conduite. C’est son regard à lui qui doit devenir le nôtre.

Vivant de Jésus-Christ et de son Evangile et regardant les événements de notre vie comme Jésus lui-même les regarde, nous sommes missionnaires, en santé comme dans la maladie.

A vous, chers malades qui m’écoutez, je propose plus particulièrement l’exemple de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, la carmélite de Lisieux, qui bien que n’ayant pas quitté son couvent fut proclamée la Patronne des Missions. Jusque dans la maladie, son coeur était débordant d’Amour pour Jésus. Que notre coeur, à chacun de nous, reste débordant d’Amour de Dieu.

Jésus-Christ, disait sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, ma vocation enfin je l’ai trouvée. Dans le coeur de l’Eglise, je serai l’Amour, car si l’Amour de Dieu venait à s’éteindre dans le monde, les missionnaires n’annonceraient plus l’Evangile. La Mission a vraiment sa source dans l’Amour de Dieu. Comme une source jaillissante, l’Amour de Dieu se répand, par l’intermédiaire de tous les missionnaires, à travers chacun de nous. Cet Amour de Dieu peut transformer l’humanité entière.

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