Messe du 28ème dimanche ordinaire

 


Mgr Etienne UNG’EYOWUN,
Evêque de Bondo,
le 12 octobre 2008, à l’église de Buix
Lectures bibliques : Isaïe 25, 6-10; Philippiens 4, 12-14.19-20; Matthieu 22, 1-14 – Année A

En ce dimanche le Seigneur nous invite à venir faire la fête avec lui. L’Evangile utilise l’image du festin d’un mariage, un des grands moments dans la vie d’un homme et d’une femme, pour nous indiquer la joie du royaume de Dieu.
Dans toutes les cultures, la fête du mariage est une grande occasion de réjouissance pour la famille, les amis, les collègues et le couple lui-même. C’est un moment de bonheur qui mérite d’être fêté.

La parabole des invités au festin que nous venons d’écouter décrit un roi qui célébrait les noces de son fils : il a égorgé des bœufs et des bêtes grasses, il a préparé des vins délicieux pour les convives.

Mais voyons comment se comportent les invités :
Les invités de marque refusent de venir à la fête. C’est un grand paradoxe. Une première catégorie s’occupe chacun de son champ, car c’est peut-être le temps de la moisson ; un deuxième groupe s’en va au commerce, car il faut gagner de l’argent à tout prix; les plus méchants s’occupent des serviteurs, les maltraitent et les tuent : ici il faut penser aux envoyés de Dieu qui sont tués dans l’Ancien Testament. L’atmosphère de la fête est ensanglantée.
Après ce drame, la salle est quand même remplie des bons et des mauvais : la fête peut avoir lieu avec ces nouveaux invités.

Aujourd’hui encore tout le monde est appelé au festin du royaume de Dieu, à travailler pour le construire par l’engagement quotidien dans l’Eglise et dans la société. Aujourd’hui comme hier, des personnes refusent l’invitation de Dieu à la fête. Les raisons sont multiples :

Certains sont indifférents par convenance personnelle, au nom de la liberté de conscience ;
Quelques-uns sont accaparés par leur travail qui les préoccupe et ne leur donne pas le temps de penser au royaume de Dieu ;
D’autres enfin sont pris par le loisir qui ne libère pas d’espace à la dimension spirituelle. On préfère faire du sport, dormir, voyager ou causer avec les amis que d’aller à l’église pour louer Dieu.

Chers frères et sœurs dans le Christ, liberté, travail et loisir ne s’opposent pas à la rencontre avec Dieu. Une vie équilibrée ne peut oublier la dimension verticale qui nous met débout et nous ouvre à l’éternité. Dieu a toute sa place dans notre vie.

L’Evangile de ce dimanche se termine par une note d’espérance : même si certains refusent le royaume de Dieu pour des raisons personnelles, d’autres peuples viendront remplir la salle de fête. En effet, le christianisme ne finira pas, ici comme ailleurs. Telle est notre foi : Dieu suscitera toujours de nouveaux témoins de sa présence parmi les hommes.

L’Eglise qui annonce le règne de Dieu, est aujourd’hui répandue dans le monde entier grâce à l’élan missionnaire des chrétiens. Cette bonne nouvelle est arrivée chez nous en Afrique. Elle est en train de porter des fruits, malgré les difficultés du moment (pauvreté, guerre, maladies comme le VIH/SIDA). L’Evangile du royaume de Dieu donne de l’espoir au peuple ; il est une force pour la transformation de la société, à cause des valeurs élevées que l’Eglise enseigne. La religion est une dimension constitutive de la personne humaine et de la société. La richesse infinie du Christ dont nous parle saint Paul nous attire.

Soutenons cette Eglise en ce mois de la mission universelle, pour qu’elle continue à apporter au monde le message et le témoignage de paix et de justice, de vérité et d’amour, afin que l’humanité puisse être une préparation au festin éternel où nous sommes tous invités. L’eucharistie que nous célébrons en est une anticipation. Que Dieu nous apporte abondamment sa joie en ce dimanche.

 

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