Messe du 27e dimanche ordinaire

 

Abbé Jean-Robert Allaz, le 3 octobre 2004, à la basilique Notre-Dame, Lausanne
Lectures bibliques : Habaquq 1, 2 – 2, 4; 2 Timothée 1, 6-14; Luc 17, 5-10

« AUGMENTE EN NOUS LA FOI »

Quelle demande surprenante de la part des apôtres à Jésus !
Est-ce facile de croire…et de croître dans la connaissance de Dieu ?

La foi : une histoire d’amour entre Dieu et les hommes, une réponse d’amour des hommes à Dieu !
En réalité, c’est un appel à grandir, car tout être humain est fait pour grandir. On s’émerveille devant un bébé, copie conforme du petit de l’homme, -que peut-on d’ailleurs créer de plus beau et de plus merveilleux sur terre ? vous comprenez aussi plus facilement pourquoi notre Eglise est si attachée à la vie et à sa défense . Mais si ce bébé ne devenait pas un bambin ,un adolescent, un jeune , un adulte, alors on s’inquiéterait, courrant les médecins et les spécialistes, voire des gourous et autres sois-disant faiseurs de miracles.

A la suite de Jésus, nous sommes invités à découvrir Dieu le Père, non pas en maître exigeant véhiculant un char d’interdits et d’obligations surhumaines, mais un Père soucieux du bien commun de l’humanité et du respect de la vie ,qu’Il a créé et dont il a confié à l’homme, son préféré, le privilège de la continuer. C’est la foi, qui nous permet de le croire, l’amour de s’attacher à ce Dieu bon ,miséricordieux et patient et l’espérance de Témoigner.

Le Christ se veut au service de l’humanité, Il accomplit sa mission en « serviteur bon et fidèle », étayant son enseignement de paroles fortes, au parfum de générosité et de dépassement « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés « ou encore « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime… ».Il accomplit ici et là des miracles, expliquant l’humainement incompréhensible par des paraboles tirées de la vie et des choses des gens de son temps. « Le Fils de l’homme, n’est pas venu pour être servi, mais pour servir… » Est-ce difficile de le suivre ? J’aime beaucoup la grande foi, mais surtout le bon sens d’une personne très âgée, me parlant de sa relation très fidèle au Christ tout au long de sa vie, avec comme tout un chacun des joies et des peines : « vous savez, le Christ n’est pas devant moi, je ne parviendrais pas à le suivre et le rattraper, Il n’est pas derrière moi, car Il me pousserait trop fort, Il chemine à mes côtés… ».

Trouver le bon rythme pour suivre Jésus et parvenir un jour dans son Royaume, dont Il nous a parlé avec tant de conviction, c’est s’inspirer et s’imprégner des Béatitudes, et plus particulièrement de la première « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux. » Tout un programme à suivre, pour parvenir dans ce Royaume « qui n’est pas de ce monde » comme répondra Jésus à Pilate.

Face aux enseignements, appels et invitations de Jésus, trop souvent nous hésitons, renonçons, en baissant les bras avec force pourquoi et comment, face aux événements, catastrophes ou malheurs de notre monde. Bien au contraire, dans sa lettre à son fidèle disciple et ami Timothée, Paul se veut plein de foi et d’espérance, l’invitant à réveiller le don de Dieu reçu et à bannir toute peur, pour la remplacer par un esprit de force, d’amour et de bon sens : voilà de quoi rendre l’Evangile accessible et donner l’envie d’en vivre . Une bonne nouvelle, ça se partage ; dans le quotidien, nous en faisons l’expérience, lorsqu’un faire-part nous annonce une naissance, un mariage, un anniversaire, la réussite d’un examen, une place de travail enfin obtenue , la paix retrouvée dans un couple ou une famille, et, pour le croyant le chemin de Dieu retrouvé, celui de l’Eglise de surcroît. Au paradis, paraît-il, on se réjouit déjà pour un seul pécheur repenti. Autant de bonnes nouvelles, autant d’occasions de vivre maintenant les signes annonciateurs du Royaume des Cieux ! Même si le parcours du croyant sur terre s’apparente souvent au parcours du combattant ,alors quelle fête au bout de la course, au moment où nos yeux se fermeront aux visions terrestres, pour s’ouvrir au merveilleux de l’éternité. A l’image de la fresque de Severini dans le chœur de notre Basilique, tant de peintres se sont efforcé de nous donner envie de goûter déjà à distance un bout de ciel . Quant aux musiciens, il suffit d’écouter le début de l’Oratorio de Noël, pour approcher le Mystère de l’Incarnation, de découvrir la lumière d’un matin de Pâques avec le Messie de Händel. Dans son Requiem, – que vous pourrez venir entendre ici à la Notre-Dame de Lausanne, le 5 novembre, grâce au Chœur de la Basilique – Mozart chante que les anges nous accompagneront et nous accueilleront au paradis.

Ça vaut la peine de croire et de le dire bien fort . « Malheur à moi, si je n’annonce pas l’Evangile « clame encore l’apôtre Paul . D’ailleurs, avant lui, parlant face à la muraille de Jérusalem, Jésus n’avait-Il pas prédit : »Si je me tais, les pierres crieront ! »

Un peu de foi, l’esprit du serviteur, le zèle de Timothée, que faut-il de plus, pour suivre Jésus et partager, sur terre, l’expérience d’une très bonne nouvelle ?

AMEN.

 

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