Messe de Minuit

Cardinal Jean-Claude Turcotte, à l’église de la Purification de la Vierge Marie, Montréal, le 25 décembre 2011
Lectures bibliques : Isaïe 9, 1-6; Tite, 2, 11-14; Luc 2, 1-14 – Année A

 

Un enfant est né il y a plus de 2000 ans. Non seulement nous nous souvenons encore de lui, mais, un peu partout sur terre, se célèbre aujourd’hui sa naissance. Marie, sa mère, le mit au monde alors qu’elle se trouvait à Bethléem pour le recensement ordonné par le gouverneur Quirinius.
L’évangéliste Luc raconte en quelques mots comment cela se passa. Marie «emmaillota son fils premier-né et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.» Jésus couché non pas dans un berceau comme c’eut été normal, mais dans une mangeoire. Pourtant, il avait été «conçu du Saint-Esprit» cet enfant et il était Fils de Dieu!
Comme Dieu peut être étonnant! Comme Dieu peut être habile à nous surprendre, à nous déconcerter, à nous émerveiller! Le Fils de Dieu couché dans une mangeoire, c’est un signe qui nous est donné.
Jésus vient de Dieu. Il est tout-puissant, comme Dieu son Père!
La liturgie de cette nuit a raison de lui attribuer les noms qu’on trouve dans le livre du prophète Isaïe: «Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix». Mais il est couché dans une mangeoire! Il manifeste ainsi sa volonté d’être accessible à tous: petits et grands, riches et pauvres, forts et faibles, gens heureux et malheureux. Il vient pour tout le monde, mais il sera particulièrement attentif à rejoindre les plus petits, les plus pauvres, les plus faibles, les plus malheureux. Il vient révéler à tous le plus beau et le plus vrai visage de Dieu. Ce visage est celui d’un Roi à qui tout appartient et par qui tout a été fait, mais qui devient serviteur de tous, sans aucune exception.
Étonnant mystère de Noël! L’amour de Dieu est manifesté d’une manière inattendue. Merveilleux mystère de Noël! Dieu se fait tout petit et tout démuni. Il devient enfant et se met à vivre avec nous. C’est le ciel qui descend sur terre. C’est le Dieu invisible qui se rend visible à nos yeux. C’est la lumière d’en haut qui vient dissiper les ténèbres d’en bas.
Marie coucha donc son enfant dans une mangeoire. Personne autour d’elle, à l’exception de Joseph, ne savait qui était cet enfant. Personne ne faisait cas de sa présence. Le cours des choses aurait pu se poursuivre ainsi, sans que rien de particulier n’arrive. Mais ce n’est pas ce que Dieu voulait. Il voulait que tous les hommes et toutes les femmes de la terre sachent ce qui venait d’arriver. Il chargea donc l’un de ses anges – l’Ange du Seigneur, écrit saint Luc – d’intervenir. Et l’ange intervint.
Il le fit d’une manière qui nous surprend. Il ne se rendit pas chez les grands de ce monde pour annoncer ce qui venait d’arriver. Il choisit des bergers, des pauvres, des gens qu’on méprisait. Il les enveloppa de lumière. Cette lumière était celle de la gloire de Dieu. Les bergers se demandaient ce qui leur arrivait. Ils étaient tout craintifs. L’ange les réconforta, puis leur annonça la Bonne Nouvelle, l’incroyable nouvelle, la merveilleuse et divine nouvelle: «Aujourd’hui vous est né un Sauveur… Il est le Messie, le Seigneur… vous le trouverez emmailloté et couché dans une mangeoire». Et alors, dans le ciel, «une troupe céleste innombrable» se mit à louer Dieu: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime.»
Les bergers se rendirent à Bethléem. Ils découvrirent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans une mangeoire. Ils se mirent alors à raconter «ce qui leur avait été annoncé» et ce qui leur était arrivé. Ils étaient tout heureux. «Ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu.»
Chers amis de la paroisse de la Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie, chers amis du diocèse de Montréal, vous toutes et tous qui, partout dans le monde, m’entendez vous parler ce soir, soyez-en bien conscients, l’histoire de la naissance de Jésus que l’évangéliste Luc nous a transmise est une histoire vraie. Elle raconte un événement divin qui nous concerne. C’est pour chacune et chacun de nous que Jésus est né à Bethléem, il y a plus de 2000 ans. Les paroles que l’Ange du Seigneur adressa alors aux bergers, c’est à nous qu’elles s’adressent maintenant: «Aujourd’hui [nous] est né un Sauveur… il est le Messie, Seigneur.»
Il nous offre sa paix. Il nous offre la lumière et la joie qui viennent du ciel. Il nous offre l’amour de son Père et le sien. Il nous offre le souffle de l’Esprit Saint. Il nous offre le pardon qui réhabilite et rend capables de «vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux». Il nous offre de devenir, tous ensemble, «un peuple ardent à faire le bien».
Qu’il est admirable ce Fils de Dieu, ce fils de Marie, qui ne cesse de venir nous rejoindre et de se faire notre serviteur pour mieux nous révéler le visage de son Père. Qu’il nous soit donné, ce soir, de l’accueillir comme jamais encore nous ne l’avons accueilli. Qu’il nous soit donné de le reconnaître comme jamais encore nous ne l’avons reconnu. Qu’il nous soit donné de croire en lui et en son Évangile, comme jamais encore nous n’y avons cru.
Qu’il nous soit donné de le prier et d’espérer en lui, comme jamais nous ne l’avons fait.
À lui tout honneur et toute gloire, ce soir… et pour les siècles des siècles! Amen!

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