Messe du 30e dimanche du temps ordinaire

Gaby Noirat, diacre, à l’église de Malleray, le 24 octobre 2010
Lectures bibliques : Siracide 35, 12-18; 2 Timothée 4, 6-18; Luc 18, 9-14 – Année C

 

Vous avez vu vos copains. Ils savent bien mimer un homme fier. Et aussi un homme timide, humble.
S’ils arrivent à si bien nous montrer ces deux attitudes, c’est certainement parce qu’eux-mêmes sont parfois fiers, et parfois timides, honteux.
En tous cas vous, pendant les deux journées que nous avons passées ensemble pour préparer cette célébration, vous m’avez donné bien des raisons d’être fiers de vous :
– Quand vous marquez un but au football ou gagnez une médaille à la course
– Quand vous faites une bonne note à l’école
– L’une a même gagné un concours et pu ainsi emmener toute la classe en camp
– Vous êtes fiers de vous également quand vous aidez à la maison, pour la vaisselle ou le ménage, pour tondre la pelouse chez grand-maman ou vous occuper de votre petit frère.
– « Moi j’ai demandé à des grands d’arrêter de taper un copain, parce qu’il avait peur de venir à l’école à cause d’eux ».
Je vous ai alors demandé ce que pensent vos parents dans ces situations.
Vous avez bien entendu répondu qu’ils sont également fiers de vous… et fiers d’eux.
Vous avez même parfois droit à une récompense ou un cadeau.
« Mais – disait l’un d’entre vous – mon papa se moque de moi si je me vante trop ! »
Oui, les amis, tous nous nous tenons des fois fièrement, comme on le mimait tout à l’heure.
Mais n’avons-nous pas tous aussi parfois envie de nous faire tout petits, parce que nous avons honte ?
– Quand je rate un but ou quand j’ai fait une mauvaise note.
– Quand on a cassé quelque chose, même sans le faire exprès
– Quand on a fait une grosse bêtise ou qu’on a désobéi
Et dans ces cas-là, quelle est la réaction des parents ?
– Ils sont des fois tristes, des fois fâchés
– Ils nous grondent ou nous punissent
L’une disait qu’ « il peut nous arriver aussi d’être honteux parce que quelqu’un s’est moqué de nous.
Ou alors on n’arrive pas à de bons résultats, à l’école par exemple, même si on fait de gros efforts.
On se sent alors tout mal. Et ce n’est pas toujours par notre faute ».
Une chose est certaine : que vous alliez bien ou que vous alliez mal, nous, vos parents, on vous aime. Même si vous avez fait une grosse bêtise.
On n’aime pas la bêtise que vous avez faite, c’est sûr, et on va vous gronder, et peut-être même vous punir. On va vous faire promettre de ne plus recommencer.
Mais vous on vous aime et on vous aimera toujours. Parce que l’amour des parents pour leurs enfants est plus fort que toutes les bêtises du monde.
Je dirais même que parfois on peut aimer particulièrement un enfant qui a fait une bêtise, parce qu’on s’aperçoit que cet enfant a besoin, à ce moment-là, de toute notre attention, de toute notre affection.
Vous savez bien l’importance que cela a pour vous d’avoir des parents qui vous aiment, même s’ils ne sont pas parfaits.
Et vous sentez aussi combien cela peut manquer à certains enfants.
Et vous le dites :
– Il y a des parents qui s’en fichent de leur enfant ; alors il fait des bêtises.
– Si mes parents s’en fichaient, moi, je partirais.
– Moi j’ai une copine qui n’a pas de chance : sa mère lui laisse faire tout ce qu’elle veut ! Heureusement, nous on a des parents qui nous aident à grandir.
Revenons maintenant à l’Evangile. On est donc en présence de deux personnages : un pharisien et un publicain.
Dans l’ensemble, les pharisiens sont des gens très respectables, religieux, honnêtes, soucieux d’être fidèle à la loi, généreux. Ils sont souvent donnés en exemple aux jeunes.
Un publicain, par contre, est méprisé des gens, parce qu’il est chargé de collecter les impôts pour les Romains qui occupent le pays. C’est donc un collaborateur de l’ennemi et, en plus, on soupçonne qu’il met un peu trop d’argent dans sa poche.
Le pharisien, on pourrait dire que c’est l’enfant sage, qui fait tout bien.
Le publicain, on pourrait dire que c’est l’enfant terrible, qui a fait des choses dont il n’est pas fier.
Ils sont tous les deux des enfants de Dieu et Jésus nous dit que Dieu les aime tous les deux. C’est normal puisque c’est un papa.
On remarque que Dieu a même une tendresse particulière pour le publicain qui est perdu et demande au Seigneur de l’aider.
C’est à lui que sera rendue justice, comme l’annonçait déjà le texte que nous a lu Chiara : « Dieu écoute la prière des pauvres ».
Certains d’entre vous l’ont magnifiquement illustré par ces trois fresques qui décorent notre église aujourd’hui.
Il y a cependant toutes sortes de pauvretés.
Le publicain est certainement riche d’argent. Mais quelle tristesse, quelle solitude, quelle pauvreté dans son cœur. Oui, il a vraiment besoin d’être aimé.
Le hic semble être plutôt du côté du pharisien, lui qui regarde les autres avec mépris, surtout ce publicain.
Il n’imagine même pas que Dieu puisse aimer ce vaurien et il remercie de ne pas être comme lui !
Je crois que son problème à ce pharisien, c’est qu’il n’a pas bien compris au moins une phrase de la Bible, même s’il la connaît presque par cœur. C’est ce verset du Psaume 33 que nous avons chanté ensemble tout à l’heure :
« Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu »
Chercher Dieu, c’est cela qui donne la joie, le bonheur de vivre.
Mais on ne cherche pas Dieu comme on cherche des champignons, ou son trousseau de clefs !
Les champignons, lorsque vous en avez trouvés, vous les coupez, les cuisez et les mangez. Et voilà, l’affaire est faite.
Vos clefs retrouvées, vous entrez dans la voiture et vous démarrez. Tout est en ordre.
Les champignons, les clefs, on les utilise. Mais on n’utilise pas Dieu !
Chercher Dieu, c’est aller à le rencontre de quelqu’un, un Père qui nous aime. Et on n’a jamais fini de découvrir l’amour.
Notre pharisien croit avoir trouvé Dieu. Mais est-ce bien Dieu qu’il a trouvé, ou seulement une Loi ? En fait, il n’a même pas besoin de Dieu, puisqu’il sait tout et se croit parfait. La seule chose qui lui manque – mais il ne s’en rend pas compte – c’est justement l’amour.
Chers amis, petits ou grands, ici à Malleray ou ailleurs devant votre poste de télévision, ne sommes-nous pas tous en même temps un peu pharisien et un peu publicain, un peu enfant sage et enfant terrible ?
Mais tous nous sommes aimés de Dieu. « Le Seigneur ne fait pas de différence entres les hommes ».
Nous sommes tous invités à abaisser notre orgueil et à élever notre humilité, notre soif d’amour et de pardon.
Dieu se cherche et se découvre tous les jours. Chercher Dieu c’est chercher comment aimer et se laisser aimer toujours plus.
« Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu ! »

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