Le CCRT s’est constitué en association (CCS art. 60ss.) en 1958, à l’initiative de Monseigneur Jacques Haas. Mais les émissions religieuses catholiques à la Radio ont commencé bien plus tôt.

 

appel-fondateur-juin-1957

Dès la création de Radio-Lausanne et Radio-Genève en 1922, les Eglises protestantes respectivement du canton de Vaud et du canton de Genève, ont participé aux programmes naissants par la transmission de cultes et de conférences religieuses.

Les catholiques en ont fait autant peu d’années plus tard. Quelques ecclésiastiques, dont Mgr Marius Besson, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, ont participé à des « causeries catholiques ». Le curé lausannois Jacques Haas a progressivement fait partie des intervenants et a été maintes fois sollicité par Radio-Lausanne pour parler d’événements à Rome.


Messes radiodiffusées

La messe a été radiodiffusée dès le 5 mai 1940 par Radio-Genève (direct de la paroisse catholique de Carouge) et le 12 mai par Radio-Lausanne (direct de l’Abbaye de Saint-Maurice). Ces transmissions sont dès lors régulièrement inscrites dans les programmes, même si des transmissions isolées avaient  eu lieu précédemment dès Noël 1928.

Alors que le culte protestant était diffusé régulièrement depuis 1924 par Radio-Genève et Radio-Lausanne, les catholiques de Suisse romande suivaient jusqu’alors les « messes des malades » de Radio-Luxembourg (ondes longues) de l’abbaye St-Maurice de Clervaux. L’émetteur luxembourgeois ayant été « victime » de la guerre, les catholiques romands ont alors demandé à Mgr Besson d’obtenir une messe à la Radio, à l’instar des protestants qui diffusaient le culte.


Liturgies télévisées

L’abbé Jacques Haas s’est investi de plus en plus à la Radio. Mais lorsque la Télévision Suisse romande fut constituée en 1954, il avait aussi pris les contacts utiles pour créer également à la Télévision des émissions catholiques.
Le pasteur Robert Stahler en faisait autant pour les émissions protestantes. Leur collaboration et leurs contacts avec les directions ont permis l’instauration de liturgies télévisées (la première messe romande à Romont en 1955) et la création des émissions « Présence », alternativement catholiques et protestantes.
Il y eut aussi le lancement de « C’est demain dimanche », brève intervention du samedi soir assumée par des ecclésiastiques protestants, catholiques-romains et, 3-4 fois l’an, catholiques-chrétiens.

En 1957, l’abbé Haas lança un appel, avec l’aide de figures représentatives du catholicisme romand, en particulier les évêques et les rédacteurs en chef des journaux catholiques. Il en résulta la constitution d’un centre administratif au Chemin du Boisy à Lausanne où était née par ailleurs la paroisse du Saint-Esprit. Une villa proche de la cure devint, avec l’aide d’amis privés, la résidence de Jacques Haas et le lieu de rencontre de ceux qui collaboraient à la mise en place d’émissions.

Devenu chanoine honoraire de Saint-Maurice puis de Monaco, Jacques Haas a participé aux travaux de l’association internationale pour la radio et la télévision UNDA et en est même devenu le président mondial de 1962 à 1968. En ces tâches, il eut le soutien de l’évêque Mgr François Charrière.
A cette époque il est nommé « prélat de Sa Sainteté » et porte le titre de Monseigneur. Il a suivi les travaux du Concile Vatican II (1959-1965) et participé étroitement à la rédaction de l’Instruction pastorale sur les médias Communion et Progrès publiée en 1971.


Des collaborateurs à la Télévision et à la Radio

Occupé sur tous les fronts (romand, national, international, œcuménique), Jacques Haas avait remarquablement organisé la gestion des émissions avec divers collaborateurs avant que ne se créent des postes permanents pour :

 

Henri Nicod

L’abbé Henri Nicod pour la Télévision à Genève
(nommé le 13 avril 1967)

 

Jacques Richoz

L’abbé Jacques Richoz pour la Radio à Lausanne
(mi-temps jusqu’en décembre 1975)

 

Georges Juvet

L’abbé Georges Juvet pour la Minute œcuménique (dès 1964)
puis les émissions à Radio Suisse Internationale à Berne.

 

Au retour d’un voyage en Afrique en 1973, Mgr Jacques Haas décède à Lausanne après une brève hospitalisation. Il a 65 ans. Pour donner pérennité à son œuvre, une fondation fut créée en 1995.

L’abbé André Babel, rédacteur au Courrier à Genève, succède à Mgr Haas le 16 juillet 1973. Il commencera avec le président Bruno de Kalbermatten à donner au CCRT une structure véritablement romande.

Il procédera à divers engagements:

 

Michel Demierre

L’abbé Michel Demierre, engagé en 1975
pour reprendre la réalisation des émissions de télévision

 

André Kolly

André Kolly, en 1976, premier laïc,
intégré dans l’équipe Radio

 

Raphaël Pasquier

Raphaël Pasquier, en 1981

 

Les équipes se modifieront ou compéteront au fur et à mesure de l’évolution des grilles de programmes.


Développements institutionnels

La période de direction d’André Babel a vu se créer les radios et télévisions locales. Quelques années plus tôt, en 1974 ou 75, il a lui-même présidé Communication communautaire, une association œcuménique animée par le pasteur Bernard van Baalen pour la mise en œuvre de réalisations en vidéo dans un but de formation à la participation aux médias et à la présentation de ses projets.

En 1983, André Babel organisa le déplacement du siège du CCRT du ch. de Boisy au chemin des Abeilles, dans un immeuble plus vaste et plus proche de la Radio. En 1984, il devint le premier président de la Commission des médias des évêques suisses. Il présida également UNDA-Europe pendant 6 ans. Il quitta la charge de directeur du CCRT en 1988, date à laquelle le comité nomma André Kolly dans cette fonction. Le premier directeur laïc du CCRT exerça sa fonction jusqu’en janvier 2010, alors que le nouveau directeur fut engagé le 1er novembre 2009 en la personne de Bernard Litzler, jusqu’alors rédacteur en chef de l’Echo-Magazine.

Il revint à Bernard Litzler, 4e directeur de l’histoire du CCRT, d’opérer la transition entre CCRT et Cath-Info, le nouveau Centre catholique des médias en Suisse romande, lequel a également incorporé l’agence de presse APIC et le site internet catholique romand Catholink.