A VUE d'ESPRIT
du 16 au 20 janvier 2012 à 10.30h. Espace 2

L'enfer des apocalypses


Comme d'autres avant elle, l'année 2012 est supposée être la dernière. Les groupes qui le professent mêlent allègrement anciennes chronologies, hypothèses scientifiques et récits mythologiques.


Bien que peu écoutés, ces discours n'en ont pas moins le mérite de nous rappeler la question des limites posée à l'être humain. En profondeur, ils font ressurgir une thématique qui accompagne l'humanité dans son pèlerinage terrestre : la catastrophe annoncée.

Le calendrier maya utilisait un système de datation dit « compte long » et dont le terme annoncé correspond au 21 décembre 2012, après quoi un nouveau cycle devrait naître. Une date qui résonne dès lors pour certains comme la prédiction de la fin du monde.

Calendrier Maya. [Abode of Chaos - flickr.com]

 

Cette interprétation, favorisée par diverses approches ésotériques, jouit d'un large écho populaire et médiatique, résonnant sans doute avec différentes craintes conjoncturelles.

A Vue d'Esprit décortique l'idée de l'apocalypse et ses différentes appropriations historiques et culturelles, pour décoder son actualité toujours renouvelée. Présente dans l'Egypte antique, la civilisation judéo-chrétienne comme dans les mythes des peuples d'Amérique précolombienne, cette notion est surtout révélatrice d'une lecture de la société, de l'histoire et des rapports avec la nature.

Au micro de Jean-Christophe Emery, les spécialistes se succèdent pour évoquer l'origine de la notion de catastrophe avec les mythes de déluge, son apogée au tournant de l'ère chrétienne et ses nombreux avatars dans l'histoire et les cultures. Une série proposée en marge du cycle de conférences « 2012 : catastrophes et fin du monde ? », organisée par la Faculté des Lettres et la Faculté de Théologie et de Sciences des religions de l'Université de Lausanne (UNIL), la Haute école pédagogique du canton de Vaud (HEP-Vaud), en collaboration avec l'Office protestant de la formation (OPF) et le Centre catholique romand de formation permanente (CCRFP).

Liens :
- Le colloque organisé du 19 janvier au 23 février par l'UNIL et la HEP-Vaud
- Prédictions pour décembre 2012, sur Wikipédia
- Exposition "What are you doing after the apocalypse" du Musée d'ethnographie de Neuchâtel

Lundi
La naissance de la fin

Comment et où a jailli l'idée que le monde se termine un jour ? L'histoire des civilisations anciennes est truffée de référence à l'idée d'un cataclysme marquant un point final à l'humanité. La conception linéaire du temps sécrète-t-elle inévitablement une notion de fin des temps ? Qu'en disent les mythes et les récits anciens ? Avec Thomas Römer, professeur d'Ancien Testament à l'UNIL et au Collège de France.

Mardi
Les catastrophes d'ici et d'ailleurs


Les textes qui annoncent un bouleversement majeur d'une civilisation sont courants. Bien que très différents les uns des autres, ils témoignent d'une sorte d'universel qui traverse la condition humaine. Nicole Durisch Gauthier, professeure à la HEP de Lausanne commente quelques-uns de ces mythes apocalyptiques.

Mercredi
Un siècle tourmenté

Darbystes, adventistes, témoins de Jéhovah, Mormons : ces groupes religieux nés au XIXe siècle se constituent, avec de nombreux autres, dans un climat apocalyptique. Ils pronostiquent précisément la fin de leur civilisation avec une conviction rarement égalée. Nous chercherons à les comprendre avec l'historien des religions Jean-François Mayer.

Jeudi
Bientôt la fin


Des groupes New-Age aux chrétiens évangéliques, bon nombre de personnes partagent, aujourd'hui encore, l'idée qu'une fin du monde prochaine est plausible. Par-delà la variété des scénarii, l'exploitation d'un traumatisme majeur à des fins religieuses est tentant. Tour d'horizon de ces prophètes de malheur en compagnie de l'historien des religions Jean-François Mayer.


Vendredi
L'apocalypse dévoilée


Pourquoi, au IIe siècle avant notre ère, la littérature apocalyptique fait-elle florès ? Les nombreux auteurs se targuent de leurs révélations respectives pour donner des messages politiques subversifs. Pour comprendre le livre de l'Apocalypse, dernier à figurer dans le corpus du Nouveau Testament, il faut plonger aux racines historiques et théologiques qui président à sa diffusion. Nous le ferons en compagnie de Claire Clivaz, professeure de Nouveau Testament à l'Université de Lausanne et pasteure.