A VUE d'ESPRIT
du 19 au 23 décembre 2011 à 10.30h. Espace 2
L'âge séculier
Une série proposée par Michel Kocher
L’homme occidental vit dans une société marquée par la sécularisation. Celle-ci ne détruit pas pour autant la croyance, elle la redéfinit et multiplie les options.
C’est en tout cas la thèse du philosophe Charles Taylor. A ses côtés deux théologiens décodent les mécanismes de l’individualisme religieux et des enjeux posés tant aux communautés chrétiennes qu’aux croyants.
Théologiens, philosophes, sociologues, de nombreux penseurs tentent de circonscrire et interpréter la sécularisation et ses enjeux. Dans cette « querelle de la sécularisation », le philosophe canadien Charles Taylor s’est illustré en publiant un gros ouvrage, récemment paru en français sous le titre L’âge séculier.
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Charles Taylor, lauréat en 2007 du Prix Templeton, qui récompense le progrès de la recherche dans le domaine des réalités spirituelles. [Chip East - Reuters] |
Depuis des années, il poursuit une quête philosophique brillante autour de l’identité de l’homme occidental à l’âge de la sécularisation.
Du côté des théologiens, la problématique de la sécularisation a suscité autant d’intérêt que d’inquiétude. L’un d’entre eux, le neuchâtelois François Dubois, a mené un large travail de réflexion sur l’individualisme religieux, résultant sur une thèse de doctorat intitulée L’Église des individus, travail qui valorise l’individualisme.
Liens :
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Lundi Individualiste et content de l'être
Théologien, pasteur, aujourd’hui directeur de ProSenectute pour l’Arc jurassien, François Dubois à cherché à comprendre les défis que l’individualisation de la société pose aux Églises. S’il se reconnaît lui-même individualiste, c’est une réalité ambivalente, dont il convient de comprendre la genèse pour ensuite en voir les différents aspects. Il s’explique sur le parcours qui l’a mené à travailler la notion d’individualisme, pour en montrer la grandeur, sans l’opposer frontalement à la communauté, qui reste un espace pour grandir et partager sa quête spirituelle.
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Mardi On n’est pas individualiste tout seul
Si l’individualisme est porteur de valeurs, il ne peut être pensé sans le rapport à autrui. Pour François Dubois, théologien et auteur d’une thèse sur l’individu, c’est vrai dans les domaines de l’éthique et de la spiritualité. A l’aide de grands penseurs il articule le « je » avec le « tu » et le « nous ». François Dubois découvre Charles Taylor en lisant un livre qui a fait date, “les sources du moi”. Pour le théologien suisse, le philosophe nord-américain est une vraie source d’inspiration. Sur la forme d’abord, celle d’une philosophie qui propose un grand récit; sur le fond ensuite, celui d’une pensée libérée du besoin de racheter ou de défendre une chrétienté en pleine mutation. |
Mercredi
La sécularisation, une réalité occidentale
En proposant une nouvelle appréhension de la sécularisation, Charles Taylor souhaite engager les lecteurs de son dernier livre dans un vrai retournement. Pour ce philosophe canadien célèbre, la sécularisation est aussi le fruit de la religion. Elle a commencé à germer en particulier avec la Réforme.
Rencontré à Montréal où il a enseigné à la prestigieuse université McGill, Charles Taylor présente son dernier ouvrage, récemment traduit en français, « L’âge séculier ». Une somme impressionnante qui se propose de montrer qu’elle n’est pas une « soustraction » de la religion, mais un long processus de redéfinition de la croyance, dans un monde où l’immanence ne coupe pas l’humain de ses expériences les plus essentielles.
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Jeudi Croire en immanence
Pour Charles Taylor nous vivons dans un monde immanent. Tout est explicable. C’est l’âge de la sécularisation. Cela ne fait pas pour autant disparaître l’expérience de la plénitude sur laquelle les humains peuvent mettre des noms différents. Pour le philosophe canadien, c’est par là que les croyants peuvent accueillir Dieu et trouver les forces d’une transformation de soi et du monde.
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Vendredi La sécularisation moderne
Pour le philosophe et théologien jésuite Paul Valadier, la sécularisation ébranle tout le monde. Pour les milieux religieux, le danger est le repli sur soi, ave le risque de se radicaliser devant la crainte de devenir trop minoritaire. Il termine cette semaine en revenant sur les grands thèmes abordés cette semaine.
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