A VUE d'ESPRIT
du 29 août au 2 septembre 2011 à 10.30h. Espace 2

La cause des chrétiennes

Une série proposée par Jean-Christophe Emery

Les femmes sont, dans le christianisme, comme la partie immergée de l’iceberg : peu visibles et pourtant nombreuses, actives, indispensables. Depuis quelques années elles se battent pour que les choses changent.

L'histoire de l’Eglise révèle, par le biais de l’histoire des femmes chrétiennes, qu’elles jouent un rôle omniprésent. L’histoire du féminisme social et politique montre, là aussi, qu’une bonne partie de l’énergie vient des paroissiennes.

Durant la seconde moitié du XXe siècle, les mouvements féministes laïcs et les théologies féministes se sont épaulés, parfois dans l’indifférence, d’autres fois dans la complicité. En la matière, les destins protestants et catholiques ont pris, dès la Réforme, des chemins fort différents.

Cette série d’émissions nous permettra de comprendre comment la cause des chrétiennes a pris de l’ampleur pour être aujourd’hui au point mort, ou presque. Deux théologiennes et deux historiennes nous permettent d’entrer dans l’histoire et dans l’actualité d’un militantisme qui concerne plus de la moitié de l’humanité.
Une série préparée par Jean-Christophe Emery.

Lien : Très bon article de Susan Ross sur féminisme et théologie


Lundi
Des femmes dans l'histoire

Elles ont été missionnaires, richissimes donatrices, esclaves, moniales, reines, mystiques, intellectuelles, femmes d’autorité ou de service. Parcourant, avec l’ouvrage monumental de l’historienne et ancienne politicienne Elisabeth Dufourcq, vingt siècles d’un christianisme patriarcal, nous découvrons que derrière chaque homme se cachent des dizaines de femmes souvent oubliées.
Référence : Elisabeth Dufourcq, Histoire des chrétiennes, l’autre moitié de l’Evangile, Bayard, 2010(3)

Liens :
Un article consacré au livre sur le site du “devoir.com”
Un texte engagé d’Elisabeth Dufourcq sur le site de la Croix
Elisabeth Dufourcq sur wikipédia

Mardi
Quand la théologie se féminise

La théologienne Michèle Bolli nous invite à parcourir, en deux épisodes, l’histoire de la théologie féministe. De ses balbutiements au sortir de la seconde guerre mondiale à son apogée dans les années 70 - 80. L’étude des comportements de Jésus à l’égard des femmes se complète d’un travail approfondi sur le langage religieux pour construire un argumentaire solide à même de questionner le christianisme en profondeur.

Liens :
Le site personnel de Michèle Bolli
L’Eglise au féminin (site de l’Eglise Evangélique du Canton de Vaud)

Mercredi
De la théologie féministe à l'étude des genres

Depuis l’irruption de la théologie féministe, catholique d’abord réformée ensuite, l’héritage chrétien se pense autrement. Revisitant les textes fondateurs à la recherche de l’histoire oubliée, de nombreuses femmes ont infléchi le travail des théologiens, questionné la doctrine des Eglises, fortifié la prière des croyantes. Toujours en compagnie de la théologienne Michèle Bolli, nous évoquons ce second volet de l’histoire des théologies féministes.


Jeudi
Le MLF et les curés

L'histoire du féminisme suisse naît, dans la seconde moitié du XIXe siècle, avec la préoccupation croissante des femmes chrétiennes pour la morale en péril. Protestantisme et catholicisme se distingueront fortement dans leurs engagements pour la cause des femmes, leur accès aux études, le droit de vote et l’égalité dans tous les domaines. En compagnie de l’historienne Elisabeth Joris et de la théologienne Michèle Bolli, nous revenons sur un siècle de combat féministe dans lequel les groupes de femmes confessionnelles ont joué un rôle majeur.

Lien :
Le mouvement féministe dans le dictionnaire historique de la Suisse

Vendredi
Itinéraire d'une prophétesse

Avant de prêcher dans l’Eglise catholique, Marie-Josèphe Lachat a occupé le premier poste du bureau de l’égalité du Jura. De son combat féministe, jamais renié, à la position de responsabilité qu’elle occupe actuellement au sein de son diocèse, son itinéraire est singulier. Bien que militante et parfois frustrée, celle qui aurait voulu devenir prêtre reste solidaire d’une institution qui ne l’écoute pas. Elle se dit donc volontiers prophétesse et n’hésite pas à renvoyer son Eglise à ce qu’elle qualifie de “péché”.

Liens :
Le centre St-François à Delémont, dirigé par Marie-Josèphe Lachat

Une archive TSR de 1980, interview de la cheffe du bureau de l’égalité