A VUE d'ESPRIT
du 13 au 17 juin 2011 à 10.30h. Espace 2
Les étincelles de Christian Bobin
Une série proposée par Céline O'Clin
Christian Bobin s’intéresse aux petites choses de la vie pour toucher aux grandes questions de l’existence. Il sait aussi user des mots pour défricher les sous-bois sombres du réel et y déceler des éclats du quotidien.
L’écrivain vient de publier un nouveau livre, intitulé "Un assassin blanc comme neige", expression par laquelle il désigne Dieu.

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Lire Christian Bobin, c'est souvent faire l'expérience d'une petite clarté qui traverse l'esprit. Son écriture, qui sonde de quelques traits de lumière l'inconnu de l'existence, allume des parcelles d'idées, définit les contrastes de grandes questions essentielles. Certains disent même qu'elle a éclairé quelque chose sur leur chemin intérieur. |
| L'écrivain Christian Bobin. [Bertrand Guay - AFP] |
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Loin de se faire cabotin devant ces échos et son succès de librairie, l'auteur ne revendique pourtant qu'une chose : un attachement. Attachement aux petites choses qui l'entourent, aux textes de l'Évangile, et aux mots qui lui viennent à l'esprit devant l'expérience du monde, parfois belle, parfois troublée.
Céline O'Clin a frappé à la porte de la maison de Christian Bobin, isolée dans la nature bourguignonne. Attablé dans sa cuisine, il partage ses réflexions sur le monde, la mort, le réel, la philosophie, la résurrection, les fourmis, la poésie. Né en 1951, il est l'auteur de plus de 40 ouvrages, où la foi chrétienne occupe une bonne place, et « dont les titres s'éclairent les uns les autres, comme les fragments d'un seul puzzle ». Parmi eux : Souveraineté du vide, Le Très-Bas, La part manquante, La plus que vive, La présence pure et Une bibliothèque de nuages. Son dernier livre, un recueil de fragments, s'intitule Un assassin blanc comme neige, en référence à Dieu, « auteur de la vie et auteur de la mort ».
Christian Bobin propose tous les dimanches une chronique dans l'émission Initiales sur Espace 2, animée par David Meichtry.
Liens :
- Site des éditions Gallimard qui édite "Un assassin blanc comme neige" de Christian Bobin.
- Christian Bobin sur Wikipédia
- L'émission Initiales de David Meichtry, avec les chroniques de Christian Bobin
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Lundi
Salut, vie meurtrière !
Très tôt, une phrase pour commencer cette semaine d'entretiens : « il n'y a pas de mal dans la mort ». Sur son dernier livre, Un assassin blanc comme neige, Christian Bobin rebondit pour parler de sa quête d'extrême bienveillance au fond des choses. Même au fond de la nuit. Et partout autour de lui. L'écrivain confesse d'ailleurs ne pas pouvoir faire autrement qu'écrire. Pour « faire connaître à quel point la vie est incomparable ». Dans toute son insignifiance. Un scarabée sur le lilas du jardin le pousse à transcrire quelque chose de cette vérité, contre la méchanceté d'un monde toujours plus technicisé.
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Mardi
Un cœur qui pense
Pour Christian Bobin, sa tâche d'écrivain est de lutter contre « la puissance infernale de l'irréel », où l'humain démissionne devant les machines. Troublé par la dureté du monde, il ne se veut pourtant pas pessimiste. « Je suis très confiant », déclare-t-il. Et puis il rit. L'auteur français partage sa vision de la poésie, dont le but est de « chercher à avoir un cœur suréveillé ». Un cœur pour penser le monde et la vie, sincèrement et profondément.
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Mercredi
Près du feu de l’Évangile
Il ne se revendique pas un écrivain spirituel ou chrétien. Mais « c'est un peu juste », reconnaît-il. Inspiré par la tradition des Évangiles, qu'il décrit comme « du feu », Christian Bobin se montre toutefois réservé à développer un credo ou légitimer un système de foi. Transcendé par « la grâce fragile de cette vie », il souligne par contre la nécessité de « prendre soin de ce qui est le plus faible, « parce que le plus faible est le plus précieux ».
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Jeudi
Où tout est brûlant de lumière
Il a ses disciples et ses détracteurs. Et même s'il ne se dit pas vraiment cause de ce qu'il fait, Christian Bobin se réjouit si certains trouvent dans ses livres de quoi se nourrir. Il témoigne aussi de ceux qui l’ont aidé à vivre, et auprès de qui il a appris qu'il n'y a rien d'insignifiant. Que le réel est plein de vie. Et que tout est brûlant de lumière. Vient ensuite le besoin d'en témoigner, de le restituer. « Écrire, c'est parler suivant la blessure que la beauté ou que le chagrin vient de vous faire ». Il se montre enfin convaincu que la résurrection « est maintenant et à venir ».
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Vendredi
La philosophie du moineau
Christian Bobin a étudié la philosophie. Et il l'a quittée. Les questions des philosophes n'étaient pas les siennes. « L'intelligence réelle, celle qui va nous aider, c'est celle qui naît d'un noyau concret, charnel de la vie, et elle n'a pas le tampon universitaire de la philosophie ». L'écrivain avoue nourrir sa pensée par miettes, par fragments, comme un moineau. Il plaide également pour le bon sens, chose trop souvent ignorée à ses yeux aujourd'hui. « Le bon sens, c'est la grande lumière, c'est juste épouser ce qu'on voit ». Christian Bobin lit un poème d'un de ses auteurs préférés. Des écrivains « plus que précieux, parce qu’ils parlent bien de la vie ». Et puis il rit.
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