HAUTES FREQUENCES
6 mars 2011 à 20 h. La Première

Qui veut donner des millions ?

Depuis juillet 2009, l'initiative « The giving pledge » invite les milliardaires à consacrer au moins la moitié de leur fortune à la philanthropie. 60 d'entre eux y ont adhéré publiquement.

Moins médiatisée, la philanthropie se développe aussi en Europe. Mauvaise conscience des riches ? Envie de changer le monde ? Remède aux querelles de succession ? Hautes Fréquences a rencontré de riches philanthropes.


Avec ses 47'000'000 dollars de fortune personnelle, Warren Buffet figure au 3e rang du classement Forbes des fortunes mondiales. Veuf, père de trois enfants, il vit depuis 1957 dans sa maison du Nebraska. Or voilà que, depuis quelques années, cet investisseur réputé économe dépense sa fortune d'une manière toujours plus intense dans des projets philanthropiques.

  "Hautes Fréquences" a rencontré de riches philanthropes. [tristan02 - Fotolia]


Il s'est même engagé à en redistribuer au moins 99% sous la forme de dons. En juillet 2009, avec ses amis Bill et Melinda Gates (les « numéro 2 » du classement Forbes), il a même poussé plus loin en lançant « The giving pledge », une invitation lancée aux 400 personnes les plus riches de la terre à céder au moins la moitié de leur fortune à des oeuvres philanthropiques. Quelle qu'en soit le but : santé publique, micro-finance, développement, culture, etc.

Très médiatisée aux Etats-Unis, la philanthropie reste une activité que l'on pratique avec discrétion en Europe. Et plus encore lorsqu'il s'agit de la Suisse. Mais le développement de ce secteur est réel ; des banques ont créé des services spécialisés pour conseiller leurs riches clients et le philanthrope, aujourd'hui, ne se contente plus de sortir le chéquier : la tendance est à une implication croissante des philanthropes dans le suivi des projets qu'ils financent.

Qui veut donner des millions ? Quelles sont les racines morales, philosophiques, psychologiques, politiques, eschatologiques... ou fiscales de la philanthropie contemporaine ? Comment pratique-t-on la philanthropie aujourd'hui ? Catherine Erard et Fabien Hünenberger ont rencontré des personnes riches à millions pour s'en faire une idée :
Marc Odendall, ancien banquier d'affaire
Odon Vallet, écrivain, spécialiste des religions
Marie et Gilles, anciens managers du secteur informatique

Et proposent également l'éclairage d'Etienne Eichenberger, co-fondateur de Wise, un bureau de « conseil en philanthropie » basé à Genève.

Bibliographie :
« La nouvelle philanthropie. (ré)invente-t-elle un capitalisme solidaire ? », Virginie Seghers, Autrement.
Liens :
- Un article de « La Croix » sur Odon Vallet
- Geopolitis (6.12.2010) : « Milliardaires : que font-ils de tout leur argent ? »
- Classement Forbes des milliardaires
- Initiative de la banque Lombard Odier pour dynamiser la philanthropie en Suisse
- Initiative « The giving pledge »
- Bureau de conseil philanthropique Wise
- Temps Présent, 28.12.2007 : « Ces grandes fortunes qui veulent sauver le monde »
- Une biographie de Marc Odendall


 


A l'assaut du blasphème



Au Pakistan, Shahbaz Bhatti, Ministre des minorités, a été assassiné mercredi dernier à Islamabad. Une mort qui intervient dans la controverse sur les lois anti-blasphème du pays.

Les lois contre le blasphème ne concernent pourtant pas exclusivement le Pakistan ou les pays musulmans. Retour sur le dossier délicat et complexe des lois anti-blasphème dans le monde.

Shahbaz Bhatti est mort mercredi deux mars après que des hommes armés eurent ouvert le feu sur sa voiture alors qu'il se rendait au travail, à Islamabad, la capitale. Il était le seul chrétien du gouvernement, et l'un des rares politiciens de premier plan du pays à avoir demandé que les controversées lois nationales relatives au blasphème soient modifiées.

Pour revenir sur la situation particulière du Pakistan, Hautes fréquences reçoit Michel Boivin, historien, chargé de recherche au CNRS, spécialiste du Pakistan, membre du Centre d'Etudes de l'Inde et de l'Asie du sud (CEIAS) à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Avec lui, nous abordons plus largement les questions des lois contre le blasphème dans le monde, qu'il s'agisse de pays musulmans ou non.

Liens :