HAUTES FREQUENCES
12 décembre 2010 à 20 h. La Première

La religion dans l'enseignement public


La question est sensible: l'école doit-elle parler de religion(s)? En Suisse romande, la tendance est à la création, au sein du cursus officiel, de cours abordant cette thématique.

Un reportage de Pierre-Yves Moret dans une classe de St-Blaise (NE).

  La religion dans l'enseignement public. [Tony Gentile - Reuters]

Les spécificités cantonales restent cependant déterminantes quant à l'organisation de ces cours et quant à la collaboration avec les Eglises et les autres communautés religieuses.

Les leçons de religion ne sont plus ce qu'elles étaient. L'image d'Epinal de M. le pasteur ou de M. le curé venant donner un cours d'histoire biblique à l'école, c'est du passé. Depuis quelques décennies, un mouvement se dessine dans les écoles de Suisse : l'État ne veut plus laisser de côté les thématiques religieuses et il organise lui-même des cours assumés directement par le corps enseignant des établissements.

Les raisons qui incitent l'enseignement public à prendre ce virage sont multiples. Il y a la pluralisation de la société, avec les enjeux de compréhension mutuelle que cela implique. Il y a la conscience que la sécularisation laisse les écoliers relativement dépourvus devant le monde du religieux et ses enjeux.

Or chaque canton répond différemment à ces enjeux, notamment dans l'organisation de ses cours et par la place qu'elle accorde aux communautés religieuses dans le cadre scolaire. A tel point que la discipline Ethique et cultures religieuses (ECR) constituera l'une des exception du Plan d'études romand (PER), qui doit entrer en vigueur à la rentré scolaire 2011: chaque canton conservera sa liberté d'organisation en la matière.

Pierre-Yves Moret s'est rendu dans une classe de St-Blaise (NE), pour voir comment se déroule l'approche de la religion dans un canton à régime laïc. Intégrée au cours d'histoire, la religion a d'abord avant tout une dimension historique et culturelle. Il a également interviewé Andrea Rota, assistant de recherche à l'Université de Fribourg, auteur d'une thèse sur les différentes conceptions politiques de l'enseignement religieux. Enfin, il a contacté Francine Rey, inspectrice scolaire pour la partie francophone du canton de Fribourg, et impliquée dans la rédaction du Plan d'études romand (PER). Elle explique la situation fribourgeoise, où l'école se voit investie de développer la spiritualité de l'élève, et relève les enjeux du PER par rapport à la discipline Ethique et cultures religieuses.

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On ne vend pas aux non-juifs

Plus de 300 rabbins israéliens ont signé une pétition demandant l'interdiction de la vente ou la location à des non-juifs de maisons ou de terrains sur toute la "Terre d'Israël".
  Des Israéliens manifestent contre l'appel de rabbins à ne pas vendre de maisons à des non-juifs le 8 décembre 2010. [Gali Tibbon - AFP]

Une initiative qui suscite de nombreuses réactions en Israël et dans le monde. Avec un spécialiste, Hautes fréquences s’interroge sur le poids moral, politique et social de cet appel.

L'initiative est partie en octobre dernier de Safed, ville du nord du pays, où le chef rabbin a appelé les habitants à ne pas louer ou vendre des appartements à des Arabes. Le manifeste fait référence à la Torah, qui « interdit de vendre à un étranger une maison ou un champ de la Terre d'Israël ». La discrimination à laquelle ces rabbins appellent vise particulièrement la minorité arabe, des citoyens israéliens.

L'initiative suscite de nombreuses réactions en Israël, notamment dans les milieux de défense des droits de l'homme et plusieurs journaux. Le quotidien de gauche Haaretz y voit la manifestation d'un « racisme financé par le service public ». Car les rabbins signataires sont des fonctionnaires de l'Etat, assurant les services religieux dans les municipalités.

Sur le plan politique, le premier ministre Benyamin Netanyahou et le président Shimon Peres ont fermement condamné ce manifeste. Aucune sanction n'a été prise toutefois par l'État israélien. Certains, à l'instar du sociologue et historien israélien Menachem Friedman, y voient la preuve que le pouvoir est faible et soumis au soutien de partis religieux.

Sur le plan religieux, d'autres rabbins se sont insurgés contre cette lettre, exprimant leur honte. Il n'en reste pas moins que ce manifeste semble susciter une adhésion toujours croissante.

Faut-il y voir l'expression d'un radicalisme ou l'avis de toute une population? Le poids moral et politique de ces rabbins est-il réel ou n'est-ce que l'avis d'un mécontentement et de craintes? Hautes fréquences analyse les tenants et aboutissants de cette polémique en compagnie d'un spécialiste.

Lien :
Le succès de la pétition des rabbins israéliens (AFP, 9.12.2010)