HAUTES FREQUENCES
22 août 2010 à 20 h. La Première
Rediffusions

Prêtre la bague au doigt

Hautes Fréquences ouvre le dossier du mariage des prêtres. Etat des lieux.

Enquête sur une exception: les "viri probati", une possibilité que donne le droit canonique d'ordonner des hommes mariés.


En novembre dernier Mgr Norbert Brunner, actuel président de la conférence des évêques suisses, déclarait dans une interview accordée à la NZZ am Sonntag être favorable à l’ordination d’hommes mariés. Immédiatement la presse diffusait l’information selon laquelle l’évêque était pour l’abolition du célibat ecclésiastique.

  Le "viri probati", une porte légèrement ouverte au mariage des prêtres? [viola f ording / fotolia]

L’affaire se révèle un peu plus complexe. L’évêque faisait référence aux « viri probati » (hommes ayant fait leurs preuves), une possibilité qu’offre le droit canonique de l’Eglise catholique d’ordonner des hommes mariés. Une possibilité qui ressemble à une porte très légèrement entrebâillée.

Cette question n’est pas nouvelle dans l’Eglise suisse, à plusieurs reprises les évêques ont même demandé à Rome d’obtenir la possibilité d’ordonner des hommes mariés. Pourquoi Rome n’a-t-il pas répondu favorablement?

Dans ce dossier beaucoup d’éléments se bloquent dans les années 70 où un vote du Synode de 1971 aboutit à une réponse négative, à la surprise de beaucoup.

Hautes Fréquences revient sur cette histoire récente et enquête également sur ceux qui vivent en tant que prêtres mariés. Cela concerne les églises orientales rattachées à Rome et bientôt les anglicans traditionnels qui ont choisi de rejoindre l’Eglise catholique.

Quelle est leur marge de manœuvre, ont-ils les mêmes droits que les prêtres célibataires?

Catherine Erard a mené l’enquête auprès de Mgr Peter Henrici, évêque auxilliaire émérite de Coire qui a été longtemps en poste à Zürich, Michel Salamolard, prêtre du diocèse de Sion, Michel Dortel-Claudot, jésuite professeur émérite aux facultés jésuites du Centre Sèvres de Paris, Alison Barnett Cowan, directrice pour l’unité Foi et Constitution pour la communion anglicane, et Mgr Saïd Elias Saïd, vicaire patriarcal maronite en France.

 


Les racines spirituelles de l'Europe

La Fondation Bodmer à Cologny a présenté récemment des textes et des objets qui racontent la proximité des trois grands monothéismes en Europe.

A cette occasion, nous vous proposons une visite en compagnie de Frédéric Möri, l’initiateur de ce projet.

Les frontières entre les trois monothéismes n’ont pas été aussi étanches qu’on l’imagine. Des échanges, des dialogues et des confrontations ont  eu lieu en Europe dès le début du christianisme avec la présence sur ce continent de juifs depuis le 2ème siècle et de musulmans à partir du 8ème.  Un dialogue tourmenté mais très riche dont la philosophie grecque a été le pilier central. 

Frédéric Möri, philosophe et enseignant fribourgeois, a épluché les catalogues de la fondation Bodmer pour trouver les traces littéraires de cette confrontation des cultures entre le 1er et le 16e siècle de notre ère. Ce travail de bénédictin a donné naissance à un livre et un colloque avec la participation de spécialistes de la philosophie grecque, de la pensée chrétienne, juive et musulmane.

Pour mesurer les résonances actuelles de cette porosité entre religions, nous accueillons deux personnalités du dialogue interculturel : le théologien protestant Jean-Claude Basset et le politologue musulman Rachid Benzine.  A l'heure où l'Europe cherche son équilibre au contact de l'Islam, quelles sont les influences réciproques et comment cela nourrit-il la pensée en Europe ?

Un sujet proposé par Evelyne Oberson

Bibliographie :
Orient - Occident : Racines spirituelles de l'Europe,  Frédéric Möri, Co-édition Ed Cerf et Fondation Bodmer, 2009