HAUTES FREQUENCES
8 août 2010 à 20 h. La Première

Haïti et l'aide spirituelle

Après le séisme qui a ravagé Port au Prince, une horde d'ONG religieuses américaines a envahi Haïti.

De plus, derrière cette tragédie, certains ont cru voir le mal ou Dieu lui-même à l’œuvre, Haïti étant pour eux l’objet d’une « punition divine ». Explications et analyses avec deux invités.


Juste après le drame de janvier 2010, une horde d'ONG religieuses américaines a envahi Haïti. Ces ONG cherchent-elles à offrir un véritable soutien spirituel ou n'est-ce que du prosélytisme opportuniste ? Explication et analyse avec André Corten, politologue canadien, spécialiste de la question haïtienne.

  Habitants de Port-au-Prince déambulant dans les rues après le tremblement de terre. [reuters]

Réputé pour ses propos provocants à l'emporte-pièce, le télé-évangéliste américain Pat Robertson n'a pas hésité à présenter Haïti comme responsable de son propre malheur pour avoir pactisé avec le diable. Son commentaire a suscité un large étonnement, des sarcasmes sur la lecture réductrice du monde de certains évangéliques américains et l'agacement des intellectuels haïtiens. Arnaud Robert, journaliste au quotidien Le Temps, connaisseur d'Haïti et de la culture vaudou, explique d'où vient ce fantasme de la prédisposition au malheur de Haïti.
Un dossier proposé par Evelyne Oberson, Fabien Hünenberger et Pierre-Yves Moret.

Bibliographie :
· Misère, religion et politique en Haïti : diabolisation et mal politique, Paris, Karthala, 2001, 245p.
· L’Etat faible : Haïti, République Dominicaine, Montréal, CIDIHCA, 1989, 255 p.
· Port au Sucre : Haïti / République Dominicaine, Montréal, CIDHICA, 1986, 312 p
Liens :
- Article d'Arnaud Robert sur Haïti
- RSR : Passé - présent - Haïti, un sort qui s'acharne
- Haïti sur le site du PNUD



Le retour du sorcier corse

Au travers de la figure du « mazzeru », la Corse renoue avec sa mythologie.

En Corse, on appelle « mazzeru » celui qui voit, en rêve, la mort des autres. Une enquête insulaire de Madeleine Rossi.

Moins connu que son pendant breton, le bestiaire fantastique de la Corse compte quelques spécimen intéressants ; la figure du « mazzeru » fait partie de celui-ci. Dans les villages de l’Ile de beauté, le « mazzeru » est celui qui voit par avance la mort des autres. Le scénario est toujours le même : il (ou elle) rêve d’une partie de chasse au cours de laquelle il tue un animal et découvre, à la place de la tête de la bête, le visage d’un membre de la communauté. Un don de prémonition qui fait du « mazzeru » un être aussi craint que respecté.

Après une période de déclin, les histoires de « mazzeri » connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt en Corse. Comme élément d’un patrimoine insulaire à préserver.

Madeleine Rossi s’est rendue en Corse pour découvrir quel rôle le « mazzeru » joue aujourd’hui dans la culture populaire locale. Elle y a rencontré Jean-Louis Morrachini, auteur de plusieurs études de type ethnologique sur les « mazzeri » en Corse et Jean-Pierre Arrio, auteur d’un polar dont le héro est un « mazzeru ».

Bibliographie :

Dorothy Carrington, "La Corse" (Ed. Arthaud)
Roccu Multedo, "Le mazzerisme, un chamanisme corse" (Ed. L'Originel)
Jean-Pierre Arrio, "Cosu Nostru" (Ed. Albiana)

En lien: