HAUTES FREQUENCES
13 juin 2010 à 20 h. La Première

Le boum des épiceries solidaires

Depuis quelques années, les épiceries de l'oeuvre d'entraide catholique Caritas font un tabac en Suisse.

En 2009, le chiffre d'affaire de ce réseau de 19 points de vente de produits de première nécessité a encore progressé de 14 %. Enquête sur le succès de ces épiceries solidaires... et sur le développement de la pauvreté qu'il révèle.

Les chiffres donnés par Dirk Bree, responsable de l'Epicerie Caritas de Plainpalais (GE), parlent d'eux-mêmes. En 2007, le magasin recevait en moyenne 16'000 clients par mois. En 2008, le chiffre a doublé : 35'000 clients. Avant de dépasser les 50'000 en 2009. Et un premier pointage sur 2010 fait encore apparaît 10'000 visites supplémentaires.

Cette épicerie solidaire genevoise, qui affiche le plus gros chiffre d'affaire des 19 points de vente de Caritas en Suisse, n'est pas un cas isolé. Alimentés par une centrale lucernoise qui négocie des prix réduits avec 300 fournisseurs, ces magasins font un véritable tabac.

  Dirk Bree, responsable de l'Epicerie Caritas de Genève

Une succès qui, revers de la médaille, s'explique par le nombre croissant de personnes en situation de pauvreté en Suisse. Des hommes et des femmes à l'aide sociale ou dont les revenus ne sont plus suffisants et qui demandent à bénéficier de la carte d'achat pour accéder à des produits vendus environ 40 % moins cher qu'ailleurs.

Fabien Hünenberger s'est rendu à Genève pour rencontrer clients et employés de cette épicerie pas comme les autres et s'entretenir avec Dominique Froidevaux, directeur de Caritas Genève.

Qui sont les pauvres en Suisse aujourd'hui ? Comment les ONG et les pouvoirs publics peuvent-ils faire reculer la pauvreté ? Bernard Litzler a invité Olivier Gerhard, coordinateur de l'ONG ATD Quart monde et auteur d'un rapport sur la pauvreté en Suisse remis en 2007 à la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, pour évoquer ces différentes questions dans la seconde partie de ce dossier.

Liens :
- Les épiceries Caritas de Genève
- Réduire de moitié la pauvreté d'ici 2020 (campagne de Caritas Suisse)
- Mesures proposées par ATQ Quart monde contre la pauvreté



Dieu, les impôts et moi


Dans les cantons de Neuchâtel et Genève, où les impôts ecclésiastiques sont volontaires, les Eglises s'inquiètent d'une pratique de certaines fiduciaires.


Celles-ci ne prenant pas soin d'indiquer la confession du contribuable, les Églises protestante et catholique se trouvent privées de contributeurs potentiels.

Neuchâtel et Genève font figure d'exception en Suisse romande, puisque ce sont les seuls cantons où la contribution ecclésiastique est volontaire. Dans ces deux cantons, certaines fiduciaires ne demandent pas toujours à leurs clients s'ils se réclament ou non d'une confession. Elles cochent ainsi par défaut la case « sans confession » sur leur déclaration fiscale, ce qui a pour conséquence d'éliminer ces contribuables de la liste des donateurs potentiels. Le manque à gagner est réel pour les Églises de ces deux cantons, où la contribution ecclésiastique est volontaire.

Pour parler des différentes pratiques cantonales et des liens qui unissent l'État aux Églises en matière d'administration fiscale, Pierre-Yves Moret a invité Philippe Gardaz, ancien président de la Cour constitutionnelle du canton de Vaud.