HAUTES FREQUENCES
30 mai 2010 à 20 h. La Première

Silence les cloches !

La sonnerie des cloches ne fait plus l'unanimité. Enquête en Suisse.

La Confédération a commandé une étude scientifique pour savoir si le bruit des cloches, la nuit, constitue une nuisance.

Depuis le XIIIe siècle, les cloches rythment le quotidien de la plupart des villes et villages suisses, leur sonnerie marquant les temps de la vie sociale et religieuse. Sans provoquer de contestation majeure. Mais à partir de la fin du XIXe, les cloches ont commencé à déranger. Aujourd'hui, c'est même à la justice de se pencher sur les horaires et sur l'intensité sonore des cloches.

  Le son des cloches, bientôt interdit la nuit? [wikimedia]

En l'absence de législation sur le sujet, c'est un arrêt du Tribunal fédéral qui donne le ton en Suisse en accordant aux clochers un certain droit de faire du bruit. Ce qui n'empêche pas des citoyens de se plaindre de tel ou tel clocher. C'est notamment le cas des voisins du Temple de La Sallaz, à Lausanne, dont les cloches sonnent à midi et à minuit chaque jour à toute volée pendant au moins 3 minutes.

La tradition de sonner les cloches peut-elle primer sur la gêne occasionnée aux voisins? Les cloches doivent-elles se taire définitivement entre 22h et 6h? Quelles sont les conclusions de l'étude scientifique sur les nuisances nocturnes des cloches commandée à l'Ecole polytechnique de Zurich par l'Office fédéral de l'environnement? Christophe Canut a mené l'enquête.


Chronique de Jean-François Mayer

A la mort de son curé, une paroisse de la région de Venise se rebelle contre le choix de son successeur... et décide de virer à l'orthodoxie.

Historien, spécialiste des religions et animateur du site indépendant Religioscope, Jean-François Mayer nous raconte l'odyssée religieux mouvementé de cette paroisse italienne entre les années 60 et aujourd'hui.


Paix religieuse et Constitution

Un nouvel article sur les religions pourrait figurer dans la Constitution suisse.

La proposition émane de la conseillère nationale Kathrin Amacker (PDC/BL). Le Conseil fédéral se dit prêt à en discuter.

La Constitution suisse laisse actuellement aux cantons la compétence de régler les rapports entre Etat et religions. Tout au plus, la  Confédération peut-elle prendre des mesures propres à maintenir la paix religieuse.

Or, depuis le 29 novembre, il y est également précisé que la construction de minarets est interdite. Rebondissant sur cette votation, la démocrate-chrétienne Kathrin Amacker demande,  dans un postulat, un nouvel article, non discriminatoire, réglant de  façon plus complète et contraignante les rapports entre Etat et  religions. La liberté de croyance devrait y être précisée, notamment au  regard de la construction d'édifices religieux.

Dans sa réponse, publiée jeudi, le Conseil fédéral se dit ouvert à discuter un tel article. «Ces dernières années ont  démontré, de plus en plus clairement, que la conception du XIXe siècle, selon laquelle la Confédération se tient complètement à l'écart des questions touchant aux relations entre les communautés religieuses, l'État et la société, ne correspond plus à la réalité».

Pour Hautes fréquences, Pierre-Yves Moret reçoit le sociologue Roland Campiche, spécialiste de ces question. Il revient sur cette proposition et la met en perspective avec une autre proposition plus ancienne émise par la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS), et pour laquelle proposition il fut membre du comité d'experts.