A VUE d'ESPRIT
du 17 au 21 novembre 2008 à 16.30 h. Espace 2
-
Un big bang théologique
Une série proposée par Sabine Petermann
“Quand l'empire devint chrétien” (Série 3/4).
Le quatrième siècle est le temps d’une cristallisation théologique et culturelle particulièrement intense. |
En moins d'un siècle, sous l'impulsion de Constantin, une grande partie de la population se convertit au christianisme. On réunit des conciles, on formule un credo chrétien, on convient de dogmes… Il y aura désormais dans l'empire un jour officiel de repos hebdomadaire. Le calendrier liturgique est fixé : la célébration de Pâques et de Noël. Progressivement, le paganisme se voit déprécié, puis interdit. |
 |
| |
@ Illustration : Tom Tirabosco |
| Le Dieu personnel des Pères de l'Église s'impose. Est-ce là une évolution conforme à l'air du temps ou le pari chanceux de quelques décideurs ?
De Constantin à Augustin, quel est ce big bang théologique, une série réalisée par Sabine Pétermann avec le concours de Paul Veyne, professeur émérite du Collège de France, archéologue et historien de la Rome antique, Pierre Maraval, professeur émérite de l’histoire antique à Sorbonne et Lucien Jerphagnon, professeur émérite des Universités, spécialiste de la philosophie antique et médiévale. Des spécialistes qui nous parlent de cette période d’ébullition théologique qui ne laissera pas l'Occident indemne.
Bibliographie :
• Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), Paris, Albin-Michel, 2007
• Pierre Maraval, Le christianisme : de Constantin à la conquête arabe, Paris, PUF, 2005
• Pierre Maraval, Les conciles œcuméniques.1, le premier millénaire, Paris, Desclée, 1988
• Jucien Jerphangnon, Saint-Augustin. Le pédagogue de Dieu, Paris, Gallimard, Coll. « Découvertes », 2002
|
Lundi 17 novembre
Du Dieu païen au Dieu chrétien
Paul Veyne, professeur émérite du Collège de France, archéologue et historien de la Rome antique nous décrit l'atmosphère générale d'un siècle qui va bouleverser l'histoire de l'Occident. Il explique quelle fut la construction du monde chrétien. Pour lui, l'originalité du christianisme n'est pas son monothéisme. Mais son caractère révolutionnaire provient de sa supériorité culturelle et spirituelle. Est-ce la seule raison pour laquelle le christianisme s'impose au coeur d'une société majoritairement païenne ? Quel a été le rôle de Constantin et de ses successeurs ? Comment en moins d'un siècle, le christianisme déploie-t-il ses ailes ? L'approche de Paul Veyne bouleverse les idées reçues. Ce professeur incroyant n'a pas son pareil pour transmettre avec passion la plus haute érudition teintée d'une fascination pour le christianisme.
|
Mardi 18 novembre
Arius et la divinité de Jésus
Poursuivons notre périple au coeur du quatrième siècle. Nous voici en 318-319, quelques années à peine après la fin de la persécution des chrétiens. Le christianisme est désormais une religion autorisée. Du côté d'Alexandrie, éclate alors une controverse théologique qui va faire des vagues dans l'empire, comme dans l'Église. Une polémique déclenchée par Arius, un prêtre d'Alexandrie. Quel est donc l'objet de cette controverse ? Pierre Maraval, professeur émérite de l’histoire antique à Sorbonne éclaire pour nous les arcanes des grands débats théologiques qui ont préoccupé les contemporains de Constantin. Comment penser l'identité du Christ ? Quel rapport entre le Père et le Fils ?
|
Mercredi 19 novembre
Le concile de Nicée
Le trouble religieux provoqué par Arius est suffisamment grave pour devenir un problème politique. En 325, l'empereur Constantin convoque un Concile, le Concile de Nicée. Comment se déroule ce Concile et quels seront les fronts en présence ? les conclusions du Concile donnent naissance à la première confession de foi. Un dogme trinitaire qui va engendrer d'autres débats, d'autres controverses et d'autres Conciles. Avec un peu de recul, la doctrine d'Arius était telle aussi condamnable que cela ? Pierre Maraval, professeur émérite de l’histoire antique à Sorbonne expose les enjeux de ce séisme théologique. |
Jeudi 20 novembre
Augustin Père de l'Eglise
Le quatrième siècle voit l'extension géographique et sociale du christianisme. Un christianisme qui devient, sous Théodose, religion officielle. C'est également l'âge d'or des Pères de l'Église. Avec Lucien Jerphagnon, professeur émérite des Universités, spécialiste de la philosophie antique et médiévale, nous rencontrons Saint-Augustin, le prototype même du Père de l'Église. Qui était cet intellectuel qui a marqué son temps et l'histoire de l'Occident ? Quel a été son parcours, sa famille, son éducation ? Quels personnages ou courants d'idées ont influencé Augustin ? Et comment cet homme ambitieux sera-t-il conduit à renoncer à l'ascension sociale ? Lucien Jerphagnon partage avec nous sa passion pour la personnalité et l'originalité d’Augustinus qui deviendra en Occident, Saint-Augustin.
|
Vendredi 21 novembre
Les aveux d'Augustin
La découverte de Dieu à l'intérieur de son âme bouleverse le cours de la vie d'Augustin. Il renonce subitement aux fastes de la vie mondaine et aspire à la vie monastique alors naissante. De retour dans son Afrique du Nord natale, Augustin devient malgré lui prêtre, puis évêque d'Hippone. Son intense activité intellectuelle va exercer une influence décisive sur la théologie de son temps et celle de la postérité. Il invente un nouveau genre littéraire : les confessions. L'originalité d'Augustin est d'avoir entrepris une relecture critique de son cheminement personnel. Lettre ouverte à Dieu, les confessions d'Augustin n'ont rien d'une démarche nombriliste. Avec saint Augustin, c'est le christianisme occidental qui se dessine et la synthèse du judéo-christianisme avec la culture philosophique hellénistique. Éclairages avec Lucien Jerphagnon, professeur émérite des Universités, spécialiste de la philosophie antique et médiévale.
|
|
|