A VUE d'ESPRIT
du 8 au 12 septembre 2008 à 16.30 h. Espace 2

Le cauchemar des Aborigènes

Enquête sur un pays qui découvre ce qu’il a fait de ses premiers habitants.

Deux siècles après la colonisation de l’Australie, que reste-t-il de la culture et de la spiritualité des indigènes ?

Fresque sur un pont de Redfern Pendant très longtemps, l'Australie s'est pensée jeune : un pays qui, en deux siècles à peine, serait passé du néant à l'Occident. Puis ce fut le réveil : non, le pays n'était pas vide lorsque les  immigrants sont arrivés. Pire: la colonisation a plongé les Aborigènes - habitant les lieux depuis plusieurs dizaines de milliers d'années – dans un véritable cauchemar, faisant d’eux un peuple exilé, spolié, laminé.

Depuis cette première prise de conscience, dans les années 70, le pays a fait du chemin. Les Eglises se sont excusées pour leur comportement colonial. Le gouvernement aussi : en février dernier, le Premier Ministre a solennellement prononcé le mot « sorry ». Un mot attendu depuis des années, depuis que le pays a pris conscience des nombreux enfants d’Aborigènes arrachés à leur famille dans le but proclamé de les civiliser.

Est-ce assez pour tirer ce peuple de son cauchemar? Que signifie désormais être Aborigène en Australie, alors que le métissage, l’assimilation forcée ou encore le développement urbain sont passés par là ? Et quelles relations entretient cette communauté avec la religion chrétienne, qui collabora à son malheur? Ou encore avec sa spiritualité ancestrale ? Fabien Hünenberger s’est rendu cet été en Australie pour s’en faire une idée. (Une enquête réalisée avec la collaboration avec Maïté Barbé, animatrice du programme francophone sur Radio 2rrr 88.5 FM Sydney).

Liens :
- Demande de pardon adressée aux Aborigènes en février 2008 par le premier ministre australien Kevin Rudd
- Le problème de la generation volée
- Le rôle de l’Eglise catholique dans le processus de réconciliation
- South Sydney Herald, publié par l’Eglise Unie d’Australie (protestante).
- Programme interactif créé par la chaîne publique ABC pour mettre en valeur la culture indigène (en anglais)
- Centre de Documentation, de Recherche et d'Information des Peuple Autochtones
- Présentation de Jessica De Largy Healy et de ses travaux sur le site du CNRS

Bibliographie :

Pistes de rêves : Voyage en terres aborigènes, Barbara Glowczewski et Jessica de Largy Healy, éditions du Chêne.

Lundi :
Une histoire triste
En février 2008, le Premier ministre australien a prononcé un mot attendu depuis très longtemps par les Aborigènes : « sorry ». Une demande de pardon pour les souffrances endurées du fait de la colonisation du pays. Rencontre avec cinq Australiens dans le quartier de Redfern, dans le sud de Sydney, pour évoquer le problème de la « Génération volée ».

Aunt Sherryl, Lyn Turnbull, Aunt Jesse, Gai Smith

Mardi :
Dans la Sydney aborigène
Redfern a longtemps été une terre de rencontre pour les tribus aborigènes de la région de Sydney. C’est aujourd’hui un quartier sinistré, un ghetto communautaire décati, mais convoité par des promoteurs immobiliers. A l’heure où 2 aborigènes sur 3 vivent en ville, quels espoirs les jeunes entretiennent-ils vis-à-vis du futur ?

Samuel devant le drapeau aborigène

Mercredi :
Un spiritualité multimillénaire
La terre, les animaux et les plantes sont une réalité spirituelle pour les Aborigènes. Et la forme du paysage porte la marque des créatures qui ont façonné le monde, dans un passé immémorial baptisé le « Temps du rêve ». Entretien avec Jessica De Largy Healy, docteur en anthropologie de l'École des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris), qui a vécu deux ans parmi une communauté aborigène au nord de l’Australie, pour mieux comprendre la spiritualité aborigène.

Fresque sur un pont de Redfern

Jeudi :
Cap sur la réconciliation

Suite à la parution, il y a 10 ans, d’un rapport dévastateur sur la « Génération volée », l’Australie a mis en place un programme national de réconciliation. Pour réparer, autant que faire se peut, ce qu’ont vécu les enfants aborigènes arrachés à leur milieu et placés en institution. Reportage à Canberra à l’occasion du lancement de la traditionnelle semaine annuelle consacrée à la réconciliation.

Vendredi :
Le Christ s’est arrêté en Australie
Le pasteur Ray Minniecon est l’un des rares Aborigènes qui aient eu l’occasion d’étudier la théologie. Durant près de 30 ans, il a travaillé pour l’Eglise anglicane de Sydney dans le quartier de Redfern. Il expose une manière « aborigène » de lire la Bible.

Le pasteur Ray Minniecon
Le centre de Sydney vu de Redfern
Zone sans alcool dans une rue de Redfern
Le centre de Sydney vu de Redfern
Zone sans alcool dans une rue de Redfern