HAUTES FREQUENCES
24 août 2008 à 20 h. La Première

S’initier à sa masculinité

De nouveaux rites d'initiation apparaissent chez nous, hors des sentiers battus.

Convaincu que la société n'offre plus de rite de passage, Stefan Gasser-Kehl propose une initiation destinée aux hommes.

http://www.adventureout.com/blog/2007/05/sweat-lodge.html

Selon une idée très répandue, notre société a perdu ses rites de passage. Face à ce manque, des individus proposent de nouvelles offres d'accompagnement. Stefan Gasser-Kehl est l'un d'entre eux. Aumônier de prison dans le canton de Zoug, il a imaginé un accompagnement particulièrement destiné aux hommes, du coaching à l'initiation. Pour aider ses pairs à travailler leur masculinité, il organise des séminaires inspirés de la tradition de la sweat lodge des Indiens d'Amérique du Nord: trois jours d'initiation où les hommes construisent ensemble une tente de sudation, pour y vivre un rituel fondé sur le lien entre l'homme et la nature. Cette offre est exemplaire d'un mouvement qui voit apparaître de nouveaux rites en dehors des structures et communautés religieuses.
Pierre-Yves Moret a participé à l'un de ces séminaires à Pfaffnau, dans le canton de Lucerne, pour en ramener ce reportage.


 

Comme un clandestin

Le journaliste italien Fabrizio Gatti a suivi des migrants d’Afrique en Europe. Reportage.

Dans un livre intitulé "Moi, Bilal", il raconte les étapes tragiques qu’il a vécues entre le Sénégal et l’Italie.

Comme tant d’autres migrants, Bilal a fait le voyage d’Afrique en Europe. Son chemin de clandestin l’a mené du Sénégal à l’Italie en passant par la Libye. Un trajet qui tient du calvaire: la soif, la faim, les coups, le mépris, la prison, voire la mort constituent les étapes souvent incontournables de ce voyage périlleux vers l’Eldorado européen.

Mais à la différence d’autres migrants, Bilal n’est pas un vrai clandestin: il est journaliste et son vrai nom est Fabrizio Gatti. Grand reporter pour l’hebdomadaire italien L’Espresso, il a choisi de vivre à la première personne ce que vivent les vrais migrants pour pouvoir en témoigner dans un livre paru en novembre dernier en Italie: les trajets en camion et en bateau, la rencontre avec les passeurs, les militaires, les policiers, les tortionnaires, les exploiteurs.

Fabien Hünenberger s’est entretenu avec Fabrizio Gatti à l’occasion de la sortie – le 2 mai – de la traduction de son récit en français: Moi, Bilal. Sur la route des clandestins, Editions Liana Lévi. Edition augmentée d’un cahier-photo de Fabrizio Gatti.