HAUTES FREQUENCES
24 février 2008 à 20 h. La Première

Moines birmans en danger

La Birmanie ne fait plus la une, mais de nombreux moines ont disparu. Témoignages.

Retour sur les raisons qui ont poussé les moines à jouer un rôle aussi capital dans les manifestations d’octobre.


Moine bouddhiste birman, le Vénérable U Uttara suit depuis Londres ce qui se passe dans son pays. Les rares nouvelles qu’il reçoit proviennent de collègues moines fuyant la répression engagée au mois de septembre.

Et les nouvelles ne sont pas bonnes: le régime militaire a pris en main les monastères et plus de 2000 moines manquent à l’appel.

Secrétaire général de l’Organisation internationale des moines birmans, U Uttara espère que 2008 sera l’année d’une mobilisation renouvelée des moines… et qu’elle conduira à la fin du régime militaire de Rangoon.

Prêtre d’origine valaisanne, membre de la congrégation des Missionnaire du Sacré cœur, le Père Edouard Clivaz est un bon connaisseur de la Birmanie. Il y a mené de nombreux voyages organisés des « Pèlerinages bibliques romands » et a pu se faire une idée précise de la place qu’occupe le moine bouddhiste dans la société birmane.

L’un comme l’autre, au micro de Fabien Hünenberger, évoquent le rôle des religieux dans l’évolution de la situation au Myanmar.


Le bouddhisme engagé

Défiant la junte birmane, les moines ont manifesté leur soutien au peuple. Analyse.

Les avis sur cet engagement de Mathieu Ricard, moine tibétain et écrivain et d'Eric Rommeluère, enseignant bouddhiste.

En septembre, les moines birmans sont sortis de leurs monastères pour manifester dans les rues de Rangoon au péril de leur vie. Cette « révolution safran », pose la question de l’engagement social et politique du bouddhisme contemporain.

Si l’implication du bouddhisme dans la sphère sociale n’est pas nouvelle, des observateurs affirment aujourd’hui qu’un nouveau bouddhisme est en train d’émerger. Ce courant d’émancipation marque-t-il une rupture avec une longue tradition de soumission?

Deux écoles tendent à s’opposer sur cette question. Mathieu Ricard, moine tibétain et écrivain affirme que le bouddhisme a toujours été engagé par nature. Eric Rommeluère, enseignant bouddhiste et vice-président de l’université bouddhique européenne à Paris défend l’idée d’un nouveau mouvement, né du contact avec le monde occidental et de l’histoire des luttes révolutionnaires.