A VUE d'ESPRIT
du 4 au 8 février 2008 à 16.30 h. Espace 2

Le visage féminin de Dieu
Une série proposée par Evelyne Oberson

« Dieu créa l’humanité à son image ; mâle et femelle il les créa ». Cet extrait de la Genèse est sans équivoque : le Dieu biblique n’est ni masculin, ni féminin.

Si personne ne le conteste, la tradition a pourtant bien donné à Dieu une image masculine par ses attributs, notamment en l’appelant Dieu Père. Pour les courants de théologie féministes, cet vision anthropomorphe masculine de Dieu n’est pas sans conséquence sur la relation homme-femme. Pourtant en revisitant les textes bibliques et avec les nouvelles découvertes archéologiques, des exégètes démontrent qu’au côté du Dieu paternaliste de la tradition, la figure de la femme occupe une place déterminante dans la Bible. L’exposition intitulée « L’Eternel féminin » qui se tient actuellement au Musée d’art et d’histoire de Fribourg l’exprime visuellement. Elle met en évidence aussi le besoin d’une référence divine féminine avec des idoles des civilisations de l’Orient Ancien et une riche iconographie de la Vierge Marie.

- Musée Bible +Orient de l’Université de Fribourg 
- Musée d’art et d’histoire de Fribourg 

Lundi :
Dieu au féminin dans la Bible avec Othmar Keel

Un des commissaires de l’exposition est le professeur d’Ancien Testament, Othmar Keel, qui s’appuient sur plus de 50 ans de travaux de recherches exégétiques et archéologiques. Il nous livre quelques unes des facettes féminines de Dieu.

Mardi :
Femmes et déesses dans l’Orient Ancien avec Othmar Keel
Mère féconde, femme guerrière ou reine des cieux. L’Orient Ancien regorge d’idoles qui démontrent l’attachement des peuples à une facette féminine de la divinité. Cependant  imaginer qu’on puisse retrouver des traces de ces mêmes déesses dans les textes de la Bible, c’est plutôt inhabituel comme discours. Et pourtant, ce n’est pas nouveau. Les recherches archéologiques et exégétiques depuis près de 50 ans le démontrent.

L'éternel féminin - Musée d'Art et d'histoire Fribourg

Le peuple hébreu aussi monothéiste qu’il soit devenu, ne l’a pas toujours été et surtout il n’a pas été hermétique à l’influence des autres peuples qui l’entouraient.  L’exposition « L’éternel féminin » qui se tient actuellement au Musée d’art et d’histoire de Fribourg est là pour nous le prouver. Visite guidée avec l’un des commissaires de l’exposition, Othmar Keel. Ce professeur d’Ancien Testament de l’Université de Fribourg, aujourd’hui à la retraite, est encore très actif, notamment au travers du Musée Bible et Orient de Fribourg dont sont issues la plupart des pièces exposées en ce moment au Musée d’art et d’histoire.
Mercredi :
Marie dans tous ses états avec Caroline Schuster Cordone
Marie, aux allures de déesse. Bien que les croyants catholiques n’envisagent pas Marie, la mère de Jésus comme une déesse, il existe des parallèles dans la mise en scène de déesses de l’Orient Ancien et les représentations de Marie. Des parallèles qui tendent à démontrer le besoin de l’humanité à se représenter le divin sous sa forme féminine.
Vierge à l'enfant

L’exposition « L’Eternel féminin » montre aussi l’évolution de l’iconographie mariale au cours des siècles. Si jusqu’au Moyen-Age, on voit Marie portant l’Enfant Jésus dans ses bras, elle est ensuite, le plus souvent, représentée seule, à l’instar d’une déesse qui accorde sa grâce à l’humanité.
Visite guidée de cette exposition avec une des commissaires de l’exposition, Caroline Schuster Cordone, qui est par ailleurs aussi conservatrice au Musée d’art et d’histoire. Elle nous présente des œuvres de la collection du musée ou provenant de monastères fribourgeois.

Jeudi :
Eve et les conséquences avec Hélène Schüngel-Straumann
Eve, la Mère de toute vie, comme nous dit la Bible, a pourtant eu une carrière peu prestigieuse dans la tradition chrétienne, accusée d’être responsable des malheurs de l’humanité parce qu’elle a goûté au fruit défendu. On a ainsi rendu Eve responsable du Péché originel, de la chute du Paradis, voire et c’est le pire, on a prétendu par extrapolation que toutes les femmes devaient porter cette faute.
Eve

Une manière de justifier l’inégalité entre les hommes et les femmes. Il a fallu attendre les courants de théologie féministe pour réhabiliter cette figure biblique. Helen Schungel-Straumann, par exemple, a une sympathie particulière pour Eve. Cette professeure de théologie, spécialiste de l’Ancien Testament, a fait l’essentiel de sa carrière académique en Allemagne, bien qu’elle soit d’origine suisse. Cette pionnière en matière d’exégèse féministe est aujourd’hui à la retraite mais a crée une Fondation à Bale qui porte son nom pour promouvoir les études en théologie féministe. Elle s’insurge contre l’interprétation machiste des premiers chapitres de la Bible. Elle y voit au contraire un fondement de l’égalité entre l’homme et la femme.

- Théologie féministe (allemand)

Bibliographie d’Helen Schüngel-Straumann :
- Der Dekalog - Gottes Gebote (SBS 67), Stuttgart 1973, 2. Aufl. 1980.
- Gott als Mutter in Hosea 11, Tübinger Theol. Quartalschrift 166 (1986), 119-134.
- mit Theodor Schneider (Hg.), Theologie zwischen Zeiten und Kontinenten: für Elisabeth Gössmann, Freiburg
 1993.
- Die Frau am Anfang - Eva und die Folgen, Freiburg 1989, 3. Aufl. Münster 1999.
- Denn Gott bin ich, und kein Mann. Gottesbilder im Ersten Testament - feministisch betrachtet, Mainz 1996.
- Das Buch Tobit (HBK.AT), Freiburg 2000.
- Anfänge feministischer Exegese. Gesammelte Beiträge mit einem orientierenden Nachwort und einer   Auswahlbibliographie, Münster 2002.
- Mitherausgeberin des Wörterbuchs der Feministischen Theologie, Gütersloh 1991, 2. Aufl. 2002.

Vendredi :
Les déesses mères égyptiennes avec Cathie Spieser
Isis, Hathor, Nout, Taouret, autant de déesses égyptiennes qui ont joué un grand rôle dans l’Egypte ancienne. Nous en parlons avec Cathie Spieser. Elle est égyptologue, chargée de cours à l’Université de Fribourg et spécialiste de la religion, des rites et des cultes de l’Egypte ancienne. Elle a aussi contribué à plusieurs études Genres, Gender Studies.
Isis