A VUE d'ESPRIT
du 14 au 18 janvier 2008 à 16.30 h. Espace 2

Les chrétiens de Kabylie
Une série proposée par: Michel Kocher et Ségolène Samouiller


La présence chrétienne en Kabylie date d'avant l'islamisation. Qu'en reste-il ?

Un nouveau phénomène se dessine en Kabylie, les églises néo-évangéliques. Un phénomène qui a fait réagir le gouvernement.

C'est sur les traces des chrétiens de Kabylie que nous partons cette semaine avec Ségolène Samouiller, journaliste et spécialiste de cette région. Le plus célèbre d'entre eux est sûrement Saint-Augustin, qui vécut à Hippone, dans l’actuel Algérie, durant les premiers siècles de l'Eglise. Mais en Algérie la présence chrétienne disparaît complètement à partir du 12-13 siècle, suite aux invasions arabes et à l’islamisation de la région. Alors pur produit d'exportation ou résurgence du christianisme antique, qui sont les chrétiens de Kabylie aujourd'hui ? Réponse en cinq émissions avec plusieurs invités.

BIBLIOGRAPHIE
Histoire des chrétiens de kabylie:
Karima Direche-Slimani, Chrétiens de Kabylie 1873-1954, une mission
missionnaire dans l’Algérie coloniale, éditions Bouchène, 2004

Récits de vie:
Fadhma-Aïth-Mansour Amrouche, Histoire de ma vie, Paris La
Découverte, 2000.

Littérature mettant en scène cette communauté:
Taos Amrouche, Rue des tambourins, Joëlle Losfeld, 1969
Mouloud Feraoun, Les chemins qui montent, Seuil, 1957

Toute la poésie de Jean Amrouche parle également de la nostalgie de
la Kabylie et des souffrances de ce "monstre culturel" comme il se
décrivait lui-même
 
Lundi
A la recherche des origines chrétiennes de la Kabylie

Lorsque les français arrivent en Algérie en 1830, il n'y a aucune trace de présence chrétienne parmi les populations indigènes. 130 ans plus tard, lorsque le pays devient indépendant, ils sont quelques milliers de musulmans à s'être convertis au christianisme. C'est l'oeuvre des Pères Blancs, envoyés par le Cardinal Lavigerie. Analyse et évocation avec le Père Boz, au micro de Ségolène Samouiller

Mardi  :
Quand Zira la Kabyle devient Monique la chrétienne
Durant l'occupation française de l'Algérie, quelques milliers de musulmans de Kabylie deviennent chrétiens au contact des sœurs et des pères blancs. Zira Oulabhib, que Ségolène Samouiller rencontre est une des ces m'tournis comme on les a parfois appelés, ceux qui ont tourné leur veste pour adopter la religion du colon français. Zira la kabyle est alors devenu devenir Monique la Chrétienne.

Mercredi  :
Des hybrides culturels pris dans la tourmente algérienne
Des Kabyles convertis au christianisme par les pères blancs durant l'occupation française de l'Algérie sont-ils des monstres culturels comme le disait Jean Amrouche, cet intellectuel kabyle chrétien, et français? Christianisés, francisés, naturalisés, ces chrétiens kabyles représentent pour les Algériens « l'avatar honteux d'une colonisation haïe » (Karima Direche) et partent pour la plupart en France à l'indépendance du pays. Sont-ils complètement français pour autant? La France qui a tant de mal à regarder vers l'Algérie accepte difficilement de donner une identité à ces "chrétiens musulmans" comme on les a appelé. Alors, ils se taisent, s'intègrent et s'accrochent à leur identité kabyle. Interview de Karima Direch, par Ségolène Samouiller

Jeudi :
Et si l'Algérie arabe et musulmane n'existait pas?
L'Algérie s'est construite depuis l'indépendance sur une identité arabo-musulmane, avec un déni historique énorme, puisque les Arabes ne sont arrivés sur ce territoire avec l'islam qu'au 7ème siècle et que les populations berbères n'ont pas disparu mais sont encore présente notamment en Kabylie. Pour les kabyles chrétiens, il a un double paradoxe de leur identité : ils ne sont ni arabes, ni musulmans. Qui sont-ils alors ? Ségolène Samouiller interview les responsables de deux sites

Vendredi : Islamisme et néo-évangélisme, même combat ?
Un nouveau phénomène se développe aujourd’hui en Algérie : le développement des églises néo-évangéliques en terre musulmane. Si le nombre de conversions est difficile à évaluer, le phénomène a pris assez d’importance pour que l’Etat réagisse par une loi, datée de mars 2006 qui régit le culte non-musulman de façon très précise et réprime clairement le prosélytisme. Et si ces conversions n'étaient que le symptôme de la crise alégrienne, une sorte d'acte politique, largement impensé. Interview de Karima Direche, chercheuse au CNRS, par Ségolène Samouiller