Le canton et la ville de Genève l’ont annoncé conjointement mardi: les mendiants auront désormais la vie dure. Des patrouilles spéciales sillonneront la ville pour contrôler les identités et les titres de séjour.
La mesure a pour but principal de répondre au développement de la mendicité pratiquée par les Roms. Mais à Genève, certains souhaitent des mesures plus énergiques encore et le Grand Conseil se prononcera le 27 novembre sur un projet de loi interdisant la mendicité dans le canton de Genève.
Les Roms, des boucs émissaires?
La décision genevoise pose toutefois un certain nombre de questions éthiques, voire spirituelles.
Mettre la pression sur les mendiants, n’est-ce pas un moyen commode de tenir à distance les problèmes posés par la pauvreté en Europe? Les 150 à 200 mendiants Roms recensés à Genève par la police ne sont-ils pas en train de devenir un groupe bouc émissaire, facile des problèmes de la République?
Et puis, sur la plan de la foi chrétienne, les pauvres et les mendiants – comme l’aveugle Barthimée ou le pauvre Lazare – n’ont-ils pas été parmi les préférés de Jésus?
Reportage
Hautes Fréquences vous propose une prise de température en ville de Genève et l’interview de deux personnes concernées de près par ce sujet, mais aux avis opposés sur la question de l’interdiction de la mendicité.
Guy Mettan, chef du groupe démocrate-chrétien au Grand Conseil, est favorable à une telle interdiction et Françoise Bourquin Gallina, diacre de l’Eglise protestante genevoise, Evangile et travail, responsable de l’Espace Pâquis dédié à la solidarité, s’y oppose.
Un dossier préparé par Pierre-Yves Moret et Fabien Hünenberger
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