HAUTES FREQUENCES
dimanche 11 février 2007 à 20 h. La Première

Liberté, égalité, couscous

Violence urbaine: portrait de Saïd Oujibou, un pasteur qui décoiffe.
Egalement comédien, c’est par le théâtre et l’humour qu’il sensibilise le public français aux problèmes des banlieues. Consultant en violence urbaine, pasteur itinérant de la Communauté nord-africaine de France, et… comédien, Saïd Oujibou est né au Maroc.

Installé depuis longtemps dans la banlieue sud de Paris, on l’appelle quand le torchon brûle dans les quartiers à problèmes, par exemple les Tarterêts à Corbeil-Essones. En tant que pasteur il organise aussi des débats dans les Eglises ou avec les Scouts musulmans pour parler de la condition nord-africaine en France et de ses problèmes.
Mais la violence urbaine ne doit pas seulement faire pleurer. En 2006 avec la sortie du DVD de son spectacle intitulé Liberté, égalité, couscous, spectacle plein de tendresse où il retrace son enfance dans son bled marocain, sa venue en France avec sa famille, ses problèmes de délinquance, sa découverte de la foi chrétienne...
Parce qu’il est devenu un médiateur incontournable en  matière de violence urbaine mais aussi entre les religions, parce qu’il rend service tant aux municipalités qu’aux jeunes beurs des banlieues, Saïd Oujibou est l’un des seuls français d’origine musulmane qui ose parler ouvertement de sa conversion au christianisme. Ce qui est toujours punissable selon l’Islam.

Serge Carrel l’a rencontré pour Hautes Fréquences.



Depuis quand peut-on caricaturer Dieu ?

Mercredi dernier s’est ouvert à Paris le procès de Charlie Hebdo.
L'hebdomadaire satirique est poursuivi par l’Union des organisations islamiques de France et la Grande Mosquée de Paris pour avoir publié des caricatures de Mahomet en février 2006. Des caricatures danoises qui avaient provoqué, fin 2005, une vague de manifestations violentes dans le monde musulman. Plusieurs responsables religieux avaient jugé ces dessins blasphématoires ou racistes.

Hautes Fréquences s’interroge sur le respect fluctuant des figures sacrées au travers de l’histoire, sur les « lignes rouges » que les artistes et les caricaturistes ont tantôt respectées, tantôt franchies.
Une problématique qui touche l’islam mais aussi le christianisme. En Occident, on a amputé des blasphémateurs durant tout le Moyen Age et certaines législations européennes prévoient encore, théoriquement en tout cas des peines de prison ferme pour « atteinte au nom de Dieu ».
Fabien Hünenberger a interviewé François Bœspflug, un dominicain qui enseigne l’histoire des religions à l’université Marc-Bloch de Strasbourg.
Il vient de publier Caricaturer Dieu ? Pouvoirs et dangers de l'image  aux éditions Bayard. François Boespflug qui s'est spécialisé en histoire des images de Dieu dans l’art et qui décrypte pour nous l’histoire de la caricature religieuse dans les trois grands monothéismes.