Chômage, immigration, échec scolaire, autant de lieux où les injustices sont flagrantes et pourtant ce n’est pas faute de les dénoncer. Mais comment y répondre ?
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Tel est le questionnement de départ de la 81ème session des Semaines sociales de France qui s’est déroulée du 24 au 26 novembre à Paris.
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A Vue d’Esprit reprend à son compte, cette semaine, le thème de cette session « Qu’est-ce qu’une société juste ? » avec des intervenants des Semaines sociales de France. Ce rendez-vous annuel, prisé par tout un public de chrétiens engagés, offre chaque année une tribune à des personnalités du monde intellectuel, politique et sociale. A l’affiche par exemple Bronislaw Geremek, historien, député européen et ancien ministre des affaires étrangères de Pologne.
LUNDI : Bronislaw Geremek : Le plus de justice passe par le devenir européen
Comment faire une société plus juste ? C’est cette question, selon Bronislaw Geremek, que chacune et chacun doit se poser à titre personnel. Pour l’historien polonais, spécialiste de la pauvreté, l’Occident ne doit pas s’effrayer du libéralisme. Il est cependant trois terrains où les pouvoirs publics doivent assumer leurs responsabilités : la santé, l’éducation et la sécurité. Bronsislaw Geremek lance l’idée que l’Union européenne puisse disposer d’un fonds qui permettrait à tout travailleur de prendre une année sabbatique pour retourner sur les bancs d’école.
- L’historien et le politique, Entretiens avec Bronislaw Geremek, Editons Noir sur Blanc, Montricher, 1999.
MARDI : Jérôme Vignon : un avenir « juste » passe par l’Europe
Chrétien social, directeur de la protection sociale et l’inclusion sociale à la commission européenne, notre invité Jérôme Vignon part du constat que la protection sociale, un peut partout en Europe, n’est plus en mesure de lutter contre le chômage structurel. Il est alors convaincu qu’une société plus juste passe par les politiques sociales élargies à l’Union européenne.
MECREDI : Olivier Mongin : Plaidoyer pour une nouvelle expérience urbaine
Où sont les villes autrefois prometteuse d’intégration et de solidarité ? Comment éviter que les centres des villes européennes ne deviennent de grands musées avec tous les exclus concentrés dans les banlieues ? Des questions que se posent Olivier Mongin, directeur de la Revue Esprit. Auteur d’un livre sur l’expérience urbaine, ce philosophe français met le doigt sur un problème de plus en plus aigu pour les grandes villes : ce qu’il appelle les inégalités territoriales. De là où l’on peut habiter dépend notre qualité de vie avec des incidences concrètes sur la vie de famille, sociale et professionnelle.
- La condition urbaine, La ville à l’heure de la mondialisation, Olivier Mongin, Ed Seuil, Paris, 2005.
JEUDI : Geneviève Médevielle et Christian Mellon : l’option préférentielle pour les pauvres, signe d’une société juste
Qu’est-ce qu’une société plus juste ? Une société sans pauvreté, sans chômage, sans exclusion ? Est-ce bien réaliste ? Mais alors à quoi se mesure la justice d’une société ? Première partie avec le jésuite français, Christian Mellon, membre du comité des Semaines sociales de France. Il évoque les effets positifs et négatifs de la mondialisation du point de vue de la justice sociale.
En seconde partie, Geneviève Médevielle, professeure de théologie morale et vice-recteur de l’Institut catholique de Paris se penche sur la doctrine sociale de l’Eglise catholique pour savoir ce que la tradition catholique estime être une société juste.
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VENDREDI: 12 propositions pour une société plus juste, avec Bernard Ibal et Jean-Baptiste de Foulcauld
Pour Jean-Baptiste de Foulcauld, ancien commissaire au Plan, aujourd’hui inspecteur général des finances en France, le premier symptôme de l’injustice, c’est le chômage. Il constate par ailleurs que les désirs aiguisés par notre société de consommation ne permettent par à la personne de trouver un équilibre dans ses besoins fondamentaux qui sont pour lui, l’aspect matériel, relationnel et spirituel. Jean-Baptiste de Foulcauld encourage celles et ceux qui le peuvent de faire un effort de sobriété ou ce que, lui, appelle « l’abondance frugale ». Concrètement et toujours dans ce souci d’équilibre personnel, il revendique des mesures pour un retour au plein emploi à temps choisi.
Dans un second temps, Bernard Ibal, vice-président des Semaines sociales de France, évoquera les 12 propositions soumises au monde politique par les Semaines sociales de France à l’issue de cette session 2006.
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