HAUTES FREQUENCES
dimanche 10 décembre 2006 à 20 h. La Première

Mon ex-femme a recouru à Exit…
Autodélivrance, aide à mourir, assistance au suicide... le vocabulaire est divers pour évoquer une pratique qui se répand en Suisse aujourd’hui. Depuis bientôt une année, l’assistance au suicide est aussi possible dans des hôpitaux comme le CHUV à Lausanne ou les HUG à Genève.
Tim Sebastion, druide Brigitte était atteinte de sclérose en plaques. Elle a fait appel à Exit pour mettre un terme à ses souffrances. Aujourd’hui, Mark Haccius, son ex-mari, témoigne. Il raconte les douleurs, la déprime, la colère inextinguible devant la maladie, le départ… mais aussi la souffrance de ceux qui restent.
Ce témoignage donne l’occasion à deux soignants de réagir. Thierry Collaud, médecin, et Michel Fontaine, enseignant en soins infirmiers, ont participé au printemps dernier à l’Université de Fribourg à une formation intitulée : « Mort, foi, accompagnement ». Habités par des convictions chrétiennes, ils analysent ce qu’ils considèrent comme une banalisation de l’assistance au suicide et réagissent en tant que soignants à l’entrée de cette pratique en milieu hospitalier. Une proposition de Nathalie Baud et Serge Carrel

Bibliographie :
- Vers une mort solidaire, Paris, Paula La Marne, PUF, 2005, 204 p.
- Propositions pour une vie digne jusqu’au bout, Marie de Hennezel, Paris, Seuil, 2004, 136 p.

Sur internet :
- Le site d'Exit en Suisse romande
- Pour en savoir plus sur les soins palliatifs
- A propos des directives anticipées en matières de soins et de représentants thérapeutiques
- En 2001, la Société suisse de médecine et de soins palliatifs (SSMSP) a publié le Manifeste de Fribourg. Une stratégie nationale pour le développement des soins palliatifs en Suisse

Deux maisons spécialisées en soins palliatifs :
- La fondation Rive-Neuve à Villeneuve
- Le centre de soins palliatifs La Chrysalide à La Chaux-de-Fonds


La spiritualité ne fait pas le bonheur

Interview du sociologue Gilles Lipovetsky

Conscient que la société de consommation ne peut à elle-seule suffire à le rendre heureux, l’homme d’aujourd’hui se tourne vers la spiritualité avec une demande de mieux-être, une quête de bonheur et d’épanouissement. Il attend que la religion le rende heureux ici-bas et de moins en moins qu’elle lui ouvre les portes de l’au-delà. Cette démarche est aussi une forme de consommation, c’est le triomphe de la religion à la carte.

L’offre spirituelle s’adapte à ces nouvelles demandes en mettant en avant l’idée que le bonheur dépendrait entièrement de nous, de notre gestion des émotions, de notre regard sur le monde etc. Une idée que le sociologue Gilles Lipovetsky qualifie de grande illusion. Il l’a dit au micro de Catherine Erard.

Gilles Lipovetsky est un sociologue français renommé. Son dernier ouvrage consacré à la société d’hyperconsommation, s’intitule Le bonheur paradoxal.

Bibliographie :
-
Le bonheur paradoxal, essai sur la société d’hyperconsommation. Gallimard 2006
- Les temps hypermodernes, Gilles Lipovetsky, Sébastien Charles, Grasset 2004
- Le luxe éternel, Gallimard, 2003
- La troisième femme, Gallimard, 1997
- Le crépuscule du devoir, Gallimard, 1992
- L'empire de l’éphémère, Gallimard, 1987
- L’ère du vide, Gallimard, 1983

- Gilles Lipovetsky sur Wikipédia