A VUE d'ESPRIT
Le Salvador menacé par l'oubli
Depuis une quinzaine d’années, le Salvador figure parmi les pays dont les médias européens ne parlent plus. Fin de guerre civile oblige. Des pays où les tremblements de terre politiques font aujourd’hui moins de bruit de ce côté de l’Atlantique que les tremblements de terre « naturels » ou les ouragans.
Or, plus de quatorze ans après la fin de la guerre civile, le Salvador reste un pays où les inégalités sociales sont criantes, des banlieues surpeuplées et livrées aux gangs maffieux aux centres commerciaux ultra-luxueux. Un pays par ailleurs menacé par l’oubli de ce qu’il bli de ce qu’il a vécu durant la guerre civile. A vue d’esprit revient sur la situation de ce pays où l’Eglise catholique a joué un rôle très important dans les luttes de pouvoir entre la droite et la gauche. Fabien Hünenberger s’est rendu sur place et vous propose quelques éclairages.
Lundi :Le sang des six jésuites
Dans un petit pavillon de l’Université d’Amérique centrale, à San Salvador, on conserve les habits tachés de sang et de terre des jésuites assassinés par l’armée en novembre 1989. Six prêtres accusés d’être les idéologues de la guerrilla et exécutés par l’armée salvadorienne au moment où cette guerrilla lançait son offensive finale sur San Salvador. Rencontre avec le Père Eduardo Valdès Barria, directeur du Centre pastoral Monseigneur Romero, et visite des lieux en compagnie de Rosa Orantes, une ancienne étudiante de l’Université d’Amérique centrale.
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Buste de Mgr Romero à l'université d'Amérique centrale (San Salvador)
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Chapelle du centre pastoral Mgr Romero à l'université d'Amérique centrale (San Salvador |
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Mardi : Mgr Romero, 26 ans après
Le 24 mars 1980, Mgr Oscar Arnulfo Romero est assassiné. Un attentat qui a frappé les mémoires puisqu’il a été commis au moment où l’archevêque de San Salvador célébrait la messe. Mgr Oscar Romero tué pour avoir dénoncé les exactions commises par les protagonistes de gauche et de droite du conflit salvadorien. Quelle mémoire le Salvador garde-t-il aujourd’hui de Mgr Romero alors qu’un procès en béatification est en cours au Vatican ? Une question posée au Père Jesus Delgado, ancien secrétaire particulier de Mgr Romero.
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| Père Jesus Delgado |
Portrait de Mgr Romero sur un mur dans un quartier populaire de San Salvador |
Mercredi : Mgr Romero, 26 ans après
"La révolution du Salvador doit être authentiquement salvadorienne et l’Eglise n’est pas d’accord d’importer quelque ‘impérialisme que ce soit. Ni des Etats-Unis, ni du marxisme". Ainsi s’exprimait Mgr Romero quelques semaines avant son assassinat. Le journaliste suisse Michel Bavarel, qui a rencontré Mgr Romero trois mois avant son assassinat, reviendra sur le climat qui prévalait à l’époque au Salvador.
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| Statue de Mgr Romero sur la place de la cathédrale deSan Salvador |
Jeudi : Le Salvador, un pays très religieux
Au Salvador, comme dans de nombreux pays d’Amérique latine, la religion joue un rôle très important. Quels sont les défis auxquels est confrontée aujourd’hui l’Eglise catholique largement majoritaire dans le pays 14 ans après la signature des accords de paix ? Et quel rôle y jouent désormais les Eglises évangéliques et pentecôtistes ? Le Père Jesus Delgado, ancien secrétaire particulier de Mgr Romero, dresse un portrait sans concession d’un pays où les fractures sociales sont béantes. |
Vendredi : Un cancer qui s’appelle « maras »
Parmi les métastases de la guerre civile salvadorienne, il en est une qui est particulièrement virulente et qui s’appelle « maras ». Il s’agit là de ces bandes ultraviolentes essentiellement constituée de jeunes desesperados qui se sont développées dans le pays à la fin des années 90. Le cinéaste salvadorien Noe Valladares, qui prépare actuellement un film sur le sujet, revient sur les causes de ce fléau. Un phénomène auquel les Eglises tentent aussi d’apporter leur remède.
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