Les cours « alpha »,
la reconquête chrétienne en marche.

Ce soir-là à St-Prex, ils sont trente-trois à participer à la seconde soirée du cours « alpha ». Certains sont déjà membres de l’Eglise, d’autres ont répondu à l’invitation d’un voisin ou d’un petit ami. Certains sont des croyants convaincus, d’autres sont éloignés du christianisme. Après l’apéro et un bon repas, un pasteur parle sur le thème de la soirée « qui est Jésus ? ». La dernière partie de la soirée se passe en petits groupes où chacun échange sur le thème du jour. Le cours s’étend sur 10 semaines et comprend un week-end. Chaque participant peut le quitter quand il le souhaite.

Les cours « alpha » ont pris naissance en Angleterre à la fin des années 70, dans la paroisse anglicane de Holy Trinity à Londres. Depuis les années 90, la méthode a connu un développement spectaculaire. Elle touche aujourd’hui plus de 30'000 églises à travers le monde. Elle a été introduite il y a 8 ans en Suisse, et cette année près de 470 paroisses ou communautés ont organisé simultanément des cours « alpha ». Un développement qui dépasse les clivages confessionnels puisque la méthode alpha est reprise chez les anglicans, les luthériens, les réformés, les catholiques, les adventistes, les méthodistes, les évangéliques etc.

Le but n’est pas d’abord de faire connaître le christianisme de façon intellectuelle, mais de permettre une véritable rencontre avec Jésus-Christ, bref d’évangéliser et de faire de nouveaux disciples. Les cours « alpha » s’inscrivent clairement dans ce que l’on nomme la nouvelle évangélisation de l’Europe.

Que penser de cette entreprise de reconquête dans une société où le christianisme a perdu sa prééminence ? Faut-il voir dans cette vulgarisation de la foi une forme de "macdonaldisation" du christianisme ?

Une enquête signée Catherine Erard

Site internet Alphalive

- Politiques et religieux main dans la main ?

Dimanche dernier, à l’occasion du Jeûne fédéral, trois figures politiques bien connues des Romands ont prononcé une prière en la Cathédrale de Lausanne : Thérèse Meyer, présidente du Conseil national, Jean Martin, député au Grand Conseil vaudois et Daniel Brélaz, syndic de Lausanne, ont tous trois demandé l’aide de Dieu dans leur action politique. Alors… signe des temps ?… Va-t-on dans notre pays vers une plus grande collaboration entre religieux et politiques ?

Nathalie Baud a rencontré ces trois politiciens à la suite de cette célébration œcuménique, intitulée « Nicolas de Flüe invite les politiques à l’Eglise ». L’occasion de redécouvrir ce « Bruder Klaus », véritable Saint Patron en Suisse alémanique, leader à la fois spirituel et politique qui contribua à éviter l’explosion de la Confédération au 15ème siècle.