Crise sans précédent
chez les anglicans.

Comme des écoliers coupables devant leurs professeurs, les délégués des Eglises américaines et canadiennes, prennent tour à tour la parole pour expliquer leurs positions libérales sur l’homosexualité. Dans l’assemblée des représentants de toutes les églises membres de la Communion anglicane.

La plupart sont originaires d’Afrique ou d’Asie. Pour eux l’homosexualité est un péché grave, contraire aux enseignements de la Bible. Ils souhaitent que les deux églises nord-américaines reviennent sur leur décision d’ordonner des évêques homosexuels et de bénir des couples de gays ou de lesbiennes. Si elles n’obtempèrent pas, plusieurs évêques africains estiment qu’elles doivent carrément quitter la Communion anglicane.

Nous sommes à Nottingham, en juin 2005 lors de la rencontre du Conseil Consultatif Anglican (ACC), la principale instance de coordination de la Communion anglicane.

A l’origine de cette crise sans précédent, l’élection en 2003 de Gene Robinson, un prêtre ouvertement homosexuel. Il est désormais évêque du diocèse américain du New Hampshire. A l’origine de cette crise encore, l’introduction d’un rite de bénédiction pour couples homosexuels dans le diocèse canadien de New Westminster.

L’Eglise anglicane était jusqu’ici toujours parvenue à maintenir une unité entre des sensibilités religieuses et liturgiques parfois aux antipodes, et ceci depuis sa fondation par Henry VIII au XVIème siècle. Un modèle d’œcuménisme qui a su prendre le meilleur du protestantisme et du catholicisme, selon certains. Un modèle qui aujourd’hui peine à maintenir un semblant d’unité entre le Nord et le Sud, entre libéraux et conservateurs.

Un reportage signé Catherine Erard

Sites :

- Le site de la Communion anglicane
- Le site de l’Eglise d’Angleterre

Bibliographie :

- Suzanne Martineau, Les Anglicans. Brepols, 1996