Les martyrs chrétiens
de la 2e Guerre mondiale

Comme tous les autres, les chrétiens ont souffert de cette Seconde guerre mondiale dont nous commémorons cette année les 60 ans de la fin. Souvent en vivant en silence ce mélange douloureux et quotidien de compromissions avec le régime et de petite résistance à son idéologie déshumanisante. Cependant, quelques chrétiens, au nom de leur foi, ont été les acteurs d’une résistance non-violente et courageuse à l’idéologie nazie. Au prix de leur vie, parfois.

« A vue d’esprit » s’intéresse cette semaine aux martyrs chrétiens de la Seconde guerre mondiale, à ces hommes et à ces femmes qui, en raison de leur foi chrétienne, ont accepté de mettre en danger leur vie par amour pour les autres. Nous ferons revivre quelques unes de leur histoire en compagnie de Marco Bartoli, historien, membre de la commission instituée par le pape Jean-Paul II pour reconstituer la mémoire des martyrs du 20e siècle.
Une commission dont les travaux ont alimenté la commémoration officielle que le pape à présidé au Colisée en l’an 2000 et qui ont été repris en 2003 dans un livre* par l’historien Andrea Riccardi.
En guise d’épilogue, nous rencontrons le pasteur Lukas Vischer, qui fut responsable de la Commission de Foi et constitution du Conseil œcuménique des Eglises (COE), pour nous demander comment le témoignage des martyrs de la Seconde guerre mondiale est compris par les différentes Eglises et quelle place y joue aujourd’hui la mémoire de leurs actes.

Bibliographie :

- « Ils sont morts pour leur foi. La persécution des chrétiens au XXe siècle », Plon/Mame, par Andrea Riccardi.

Liens utiles :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Martyr
- Homélie du pape sur les témoins de la foi

LUNDI: Paul Schneider, le prédicateur de Buchenwald

« Le prédicateur de Buchenwald » : c’est ainsi que Paul Schneider a été baptisé par ses camarades ce camp. Des camarades qui ont raconté les prédications que ce pasteur allemand commençait à faire – en criant pour être entendu des autres détenus – depuis cellule du blockhaus où les nazis l’avaient enfermé. Des prédication interrompues rapidement par les coups et les cris des geôliers. Paul Schneider, un opposant de la première heure à l’idéologie nazie, mort en 1939 à Buchenwald, mais qui reste un exemple de martyre œcuménique puisque le pape l’a cité lors de la commémoration des martyrs chrétiens du XXe siècle.
- Sur Paul Schneider
- Paul Schneider, site en allemand


MARDI: Frère Maximilien Kolbe et les affamés d’Auschwitz

Le geste de Maximilien Kolbe à Auschwitz est sans doute l’un des actes de compassion les plus connus de la Seconde guerre mondiale. En 1941, le frère Maximilien est interné à Auschwitz. Vu qu’un prisonnier de son baraquement vient de s’évader, le commandant du camp condamne à mort dix autres prisonniers. Par privation de boisson et de nourriture. Pour éviter ce sort à un père de famille qui vient d’être désigné, Maximilien Kolbe propose de prendre sa place. Il meurt après deux semaines d’agonie.

Marco Bartoli revient sur le geste et le parcours de ce franciscain canonisé par Jean-Paul II en 1981.
- Sur Maximilien Kolbe

MERCREDI: Le massacre des églises de Marzabotto

La tragédie de Marzabotto est le plus grand massacre de civils perpétré par les nazis en Europe occidentale. Entre le 29 septembre et le 5 octobre 1944, une troupe de Waffen-SS tue 955 civils dans les collines qui entourent cette bourgade de la région de Bologne. De nombreux enfants, femmes et personnes âgées ainsi que cinq prêtres ont trouvé la mort dans ce massacre, notamment dans les églises où ils s’étaient réfugiés.

L’occasion de s’interroger sur le martyre involontaire des gens de Marzabotto.
- Sur le massacre de Marzabotto


JEUDI: Giovanni Palatucci, un policier qui sauve les juifs en douce

Giovanni Palatucci est à l’Italie ce que Paul Grüninger est à la Suisse : un officier de police qui a discrètement désobéi aux ordres et organisé un réseau pour venir en aide aux juifs menacés par les nazis. Une désobéissance décidée au nom de sa foi de chrétien qu’il a mise en application dans la ville de Rijeka (devenue croate après la guerre), où il a travaillé comme responsable du service des étrangers. Reconnu comme « Juste parmi les nations » par le Mémorial Yad Vashem, pour avoir aidé des juifs en péril durant le Seconde guerre mondiale et la shoah, il est en cours de béatification par l’Eglise catholique.

Mémorial Yad Vashem
- Sur Giovanni Palatucci


VENDREDI: Vers une reconnaissance œcuménique du martyre

La Deuxième guerre mondiale a suscité des martyrs dans de nombreuses Eglises : des catholiques, des protestants, des orthodoxes qui ont pris le risque de perdre leur vie pour témoigner de leurs valeurs chrétiennes. Mais toutes les Eglises entendent-elles la même chose lorsqu’elles parlent de martyre ? Lukas Vischer, qui fut responsable de la Commission de Foi et constitution du Conseil œcuménique des Eglises (COE) nous propose de découvrir les différents regards jetés aujourd’hui sur les martyrs, en particulier ceux de la Seconde guerre mondiale, et sur les tentatives contemporaines de reconnaissance œcuménique de ces témoignages.

- Calendrier oecuménique des saints et des martyrs